Le peintre
Agnolo Bronzino
Rôle : Peintre, portraitiste de cour
Fils d'un boucher florentin, Agnolo di Cosimo entre très jeune dans l'atelier de Jacopo Pontormo, dont il devient l'élève le plus proche. De ce maître inquiet et visionnaire, il hérite les corps étirés et les couleurs acides du premier maniérisme ; mais vers 1530, le disciple s'émancipe et forge une manière bien à lui, plus lisse, plus maîtrisée, presque minérale. Son surnom, Bronzino, lui reste attaché pour la vie.
Le visage officiel du pouvoir Médicis
À partir de la fin des années 1530, Bronzino devient le peintre attitré de Cosme Iᵉʳ de Médicis, premier grand-duc de Toscane. Il fixe pour des générations l'image de la dynastie : Cosme en armure, la duchesse Éléonore de Tolède et son fils, les enfants de la cour, tous saisis dans une immobilité souveraine. Son portrait n'est pas confidence mais blason : il ne cherche pas à percer l'âme du modèle, il proclame son rang, sa richesse, sa retenue. Le génie est dans la surface — un velours qui pèse son poids réel, une dentelle comptée fil à fil, l'éclat froid des perles et de l'or, une carnation polie comme un émail. Cosme, pionnier du portrait-cadeau diplomatique, fait multiplier ces effigies en de nombreuses versions envoyées à travers l'Europe.
La chapelle d'Éléonore et l'allégorie de Londres
Entre 1540 et 1545, Bronzino décore seul la minuscule chapelle privée d'Éléonore de Tolède au Palazzo Vecchio : fresques de la vie de Moïse, dont une rare Traversée de la mer Rouge, et une voûte peuplée de saints. C'est son grand morceau de peintre d'histoire. De la même époque date son œuvre la plus célèbre, l'Allégorie du Triomphe de Vénus (Vénus, Cupidon, la Folie et le Temps, vers 1544-45, aujourd'hui à la National Gallery de Londres) : un chef-d'œuvre d'érotisme glacé et d'énigme savante, où chaque figure cache un sens.
La part d'ombre
Cette perfection a son revers. On a souvent reproché à Bronzino un art trop cérébral, une élégance qui confine à la froideur, des chairs de porcelaine sans chaleur de sang. Ses allégories, truffées de symboles, résistent encore aux interprètes ; leur sensualité ambiguë met mal à l'aise autant qu'elle fascine. Mais c'est précisément cette maîtrise impassible, ce refus du pathos, qui fait de lui l'un des sommets du maniérisme européen. Poète lui-même, membre fondateur de l'Accademia del Disegno (1563), il réserve ses images les plus vivantes à ses amis lettrés.
Origine : Florence
Autres œuvres de Agnolo Bronzino
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Allégorie du Bonheur public (Allegoria della Felicità)
v. 1567–1568
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Sainte Famille (avec sainte Anne et le petit saint Jean)
v. 1545–1550
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Sainte Famille Panciatichi
v. 1540
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Portrait d'Éléonore de Tolède et son fils Jean (Giovanni)
v. 1545
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Portrait de Cosme Iᵉʳ de Médicis en armure
v. 1543–1545
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Portrait de Bia de' Medici
v. 1542
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Portrait de Lucrezia Panciatichi
v. 1540–1545
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Portrait du nain Morgante
v. 1552
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Portrait de Bartolomeo Panciatichi
v. 1540
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Déposition de croix (Déploration sur le Christ mort, 1ʳᵉ version pour la chapelle d'Éléonore)
1543–1545
À voir aussi
- Allégorie du Bonheur public (Allegoria della Felicità)Agnolo Bronzino
- Déposition de croix (Déploration sur le Christ mort, 1ʳᵉ version pour la chapelle d'Éléonore)Agnolo Bronzino
- Portrait de Bartolomeo PanciatichiAgnolo Bronzino
- Portrait de Bia de' MediciAgnolo Bronzino
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