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La Mort de Charles le Téméraire devant Nancy

Peinture

La Mort de Charles le Téméraire devant Nancy

Charles Houry (Paris, 1823–1898)

Faire le puzzle de l'œuvre

Devant l'œuvre

Ce grand tableau historique du XIXe siècle représente la découverte du corps de Charles le Téméraire après la bataille de Nancy (5 janvier 1477). Le duc de Bourgogne, dont l'ambition était de créer un grand royaume entre France et Empire, fut tué lors de cette bataille perdue contre les armées de René II de Lorraine et ses alliés suisses. Son corps, retrouvé trois jours après la bataille, était partiellement dévoré par les loups et les chiens selon les témoignages contemporains. Charles Houry, peintre académique du Second Empire, choisit l'instant de la reconnaissance du corps — René II identifiant son ennemi mort.

Symbolisme & lecture iconographique

La mort de Charles le Téméraire est dans la tradition narrative lorraine l'acte fondateur de l'identité régionale — le moment où David vainquit Goliath, où la petite Lorraine survécut au grand duc de Bourgogne. La peinture d'histoire du XIXe siècle réactiva ces mythes fondateurs pour les besoins du nationalisme romantique.

Analyse des émotions

Ce tableau de Houry représente le retournement de la fortune — le puissant humilié par la mort. Charles le Téméraire, dont les armées avaient terrorisé l'Europe, gît dans la boue d'un champ lorrain. Le regard de René II sur ce corps est ambigu : victoire ? pitié ? Le tableau ne tranche pas.

Secrets & mystères

La mort de Charles le Téméraire fut longtemps mise en doute — certains refusaient de croire qu'un si puissant prince avait pu mourir ainsi, dans la boue d'une défaite. Sa fille Marie de Bourgogne elle-même ne reçut la confirmation que plusieurs jours après les faits. La reconnaissance du corps se fit à ses cicatrices et à son visage mutilé. Cette mort d'une figure si puissante dans la boue et le froid nancéien a quelque chose de shakespearien.

Le saviez-vous ?

Charles le Téméraire est enterré à Bruges — dans l'église Notre-Dame, aux côtés de sa fille Marie de Bourgogne. Leurs deux tombeaux en bronze sont parmi les plus beaux de la fin du Moyen Âge. La mort dans la boue de Nancy et la sépulture fastueuse à Bruges : une ultime contradiction dans la vie d'un homme qui voulait tout contrôler.

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