Devant l'œuvre
Ce tableau représente la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen — le texte fondamental voté le 26 août 1789 par l'Assemblée nationale constituante, qui fonde les droits inaliénables de tout être humain : liberté, égalité, propriété, sûreté, résistance à l'oppression. Le tableau de Le Barbier représente allégoriquement ce texte — des figures symboliques encadrent les tables de la Loi gravées du texte de la Déclaration. Ce tableau entra au musée par un don de Georges Clemenceau — 'le Tigre', père de la victoire de 1918, qui y voyait le fondement de la République française.
Symbolisme & lecture iconographique
Les tables de la Loi de la Déclaration des droits ressemblent délibérément aux Tables de la Loi de Moïse — le fondement d'un ordre nouveau fondé sur des principes universels plutôt que sur la tradition ou la force. Cette iconographie biblique dit que les révolutionnaires se voyaient comme les fondateurs d'un nouvel ordre — aussi fondamental que la Révélation sinaïtique.
Analyse des émotions
Ce tableau dit quelque chose sur la force des textes — la Déclaration de 1789 est un texte de seize articles qui a changé l'histoire du monde. Représenter ce texte en peinture, l'encadrer de figures allégoriques, c'est lui conférer le statut de monument — un monument de l'esprit humain.
Secrets & mystères
La Déclaration des droits de l'homme de 1789 s'inspire directement de la Déclaration d'indépendance américaine de 1776 — Thomas Jefferson, alors ambassadeur des États-Unis à Paris, aida Lafayette à rédiger certains articles. Ce lien transatlantique dit quelque chose sur la circularité des Lumières : les idées voyagèrent de Paris à Philadelphie en 1776, puis revinrent à Paris en 1789 enrichies de l'expérience démocratique américaine.
Le saviez-vous ?
Clemenceau, qui offrit ce tableau au musée, était l'un des derniers survivants des journées de la Commune (1871) — il fut maire de Montmartre pendant la Commune et vit les atrocités des deux côtés. Sa donation dit quelque chose sur sa façon de réconcilier la mémoire révolutionnaire avec l'ordre républicain : les droits de l'homme sont le socle commun qui transcende les divisions.

