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✦ Peinture ✦

Adoration des Mages

Jacopo Pontormo

v. 1522

Le peintre

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Jacopo Pontormo

Rôle : Peintre

Avec Pontormo, la peinture florentine quitte l'aplomb serein de la haute Renaissance pour entrer dans une zone de vertige. Formé auprès d'Andrea del Sarto, où il croise Rosso Fiorentino, il invente une manière nouvelle que l'on nommera plus tard le maniérisme : des corps qui semblent flotter, des couleurs qui ne doivent plus rien à l'observation du monde, une émotion portée à l'incandescence. Le regarder, c'est assister au moment où un peintre décide que la beauté peut naître du trouble.

La Déposition de Santa Felicita

Son chef-d'oeuvre est le retable de la Déposition (vers 1525-1528), dans la chapelle Capponi de l'église Santa Felicita, à Florence. On y chercherait en vain une croix, une pesanteur, un sol : les figures en apesanteur, drapées de roses acides, de bleus et de verts presque phosphorescents, forment une ronde suspendue autour du corps du Christ. Les visages, perdus dans une transe de douleur, ne jouent pas la scène, ils la rêvent. C'est l'une des oeuvres fondatrices du maniérisme européen.

Le reclus de la Certosa

Quand la peste frappe Florence en 1522, Pontormo se retire à la Chartreuse du Galluzzo (Certosa del Galluzzo), monastère de silence où il peint un cycle de fresques sur la Passion et la Résurrection. Nourri des gravures d'Albrecht Dürer, il y pousse l'étrangeté de ses compositions plus loin encore. De cette solitude naît une peinture austère, presque nordique, qui déconcerta ses contemporains.

Maître de Bronzino

Atelier et lignée : Pontormo forme Agnolo di Cosimo, dit Bronzino, apprenti auprès de lui dès l'adolescence et son élève préféré. À travers Bronzino, portraitiste officiel des Médicis, la manière de Pontormo irrigue toute la cour de Florence et traverse le siècle.

L'ombre : San Lorenzo et le Journal

Tout chez lui n'est pas lumière. Vasari le décrit solitaire, anxieux, « un peu sauvage et étrange ». Il consacre plus d'une décennie aux fresques du choeur de San Lorenzo — un Délugeet unJugement derniertenus pour le plus grand cycle du XVIe siècle après la Sixtine de Michel-Ange. Laissées inachevées à sa mort, elles furent détruites au XVIIIe siècle ; il n'en reste que des dessins préparatoires. SonJournal des dernières années, où il note repas, maux et angoisses, achève le portrait d'un génie tourmenté autant qu'inspiré.

Origine : Pontorme, Empoli (Toscane)

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