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Parc Georges-Brassens

Parcs et Jardins

Parc Georges-Brassens

1982-1984 (Alexandre Ghiulamila)·parc urbain contemporain·Paris 15ème·7,84 ha

Histoire

Avant d'être un parc, ce terrain de huit hectares du 15e arrondissement résonnait des meuglements et des hennissements des bêtes. C'était l'emplacement des abattoirs de Vaugirard, ouverts en 1894, et du marché aux chevaux qui se tenait juste à côté. Vaugirard fut longtemps un village indépendant aux portes de Paris, voué aux activités agricoles et bouchères, avant d'être annexé en 1860. Pendant un siècle, on y traitait jusqu'à mille bêtes par jour ; les odeurs, les bruits, les flots de sang charriaient une réalité que les beaux quartiers de l'ouest ignoraient soigneusement.

La modernisation de la chaîne du froid, dans les années 1960-1970, rend les abattoirs urbains obsolètes. Vaugirard ferme en 1976. Le site devient une friche disponible pour la reconversion. La municipalité Chirac opte pour la création d'un grand parc public, à une époque où le 15e arrondissement, en pleine densification, manque cruellement d'espaces verts. Le concours est remporté par les paysagistes Alexandre Ghiulamila et Jean-Michel Milliex, qui livrent un projet inauguré en 1984.

Le nom est choisi en hommage à Georges Brassens, qui vivait à deux pas, rue Santos-Dumont, dans un petit pavillon où il composa la plupart de ses chansons. Le poète-chanteur s'éteint en 1981, trois ans avant l'ouverture du parc qui portera son nom — hommage posthume devenu rituel parisien.

Le parc se veut résolument familial et pédagogique. Les concepteurs conservent quelques vestiges des anciennes installations : deux statues monumentales de taureaux marquant l'entrée principale rappellent la fonction abattoir, et un parcours pédagogique évoque la mémoire industrielle du site. Un vignoble symbolique est planté, baptisé Clos des Morillons, qui produit chaque année quelques centaines de bouteilles. Et chaque week-end, une institution prend possession des anciennes halles : le Marché du livre ancien et d'occasion, l'un des grands rendez-vous des bibliophiles parisiens.

À voir absolument

  • Les deux statues de taureaux en bronze d'Auguste Cain (1878), à l'entrée principale rue des Morillons — vestiges des abattoirs, à la fois imposants et bonhommes
  • Le Marché du livre ancien et d'occasion, sous la halle métallique conservée — chaque samedi et dimanche, 200 exposants, des centaines de milliers d'ouvrages d'occasion à tous les prix
  • Le vignoble du Clos des Morillons, près de 700 pieds de pinot noir et chardonnay plantés en 1983, en hommage à Pierre Larousse (le lexicographe vécut dans le quartier) — vendange festive chaque octobre
  • Le jardin des senteurs, parcours olfactif spécialement conçu pour les non-voyants, où chaque plante est étiquetée en braille (au nord du parc)
  • Le rucher pédagogique, installé au sud du parc — les ruches sont gérées par la Société centrale d'apiculture, qui produit un miel urbain
  • Le théâtre de marionnettes Guignol (mercredis et week-ends), installation populaire prisée des enfants
  • La mare aux canards, refuge pour la faune aquatique, avec ses iris et ses nénuphars
  • Les anciennes halles métalliques, vestiges architecturaux du marché aux chevaux, restaurées pour leur valeur patrimoniale

Anecdotes & secrets

Georges Brassens, le poète à la moustache, vécut presque toute sa vie parisienne dans le 15e arrondissement. Il habita d'abord impasse Florimont, puis rue Santos-Dumont, dans un petit pavillon où il recevait Jacques Brel, Léo Ferré, Pierre Perret, et tous les chanteurs qui passaient à Paris. Voisin discret, il évitait les fêtes mondaines et préférait les promenades solitaires au marché aux chevaux qui devint sonparc. Selon une légende du quartier, c'est en arpentant les abords des abattoirs qu'il composaLe Gorille — la fameuse chanson interdite d'antenne pendant des années.

Le Marché du livre ancien, créé en 1987 sous les halles préservées des anciens abattoirs, est devenu en quelques décennies l'un des plus importants de France. Bibliophiles, chercheurs et simples curieux y déambulent chaque week-end entre cartons de poche à 1 €, premières éditions rarissimes, gravures, livres pour enfants vintage, polars d'occasion. Une trouvaille mythique : un éditeur parisien y a acheté en 2003, pour quinze euros, un exemplaire dédicacé par Céline qu'il a revendu peu après plusieurs milliers d'euros.

Pierre Larousse, lexicographe et fondateur des dictionnaires éponymes, vécut à proximité immédiate au XIXe siècle. Il aimait promener ses pensées sur ce qui n'était alors qu'un faubourg champêtre. Le vignoble du parc lui rend hommage discrètement : son cep le plus ancien porte une plaque indiquant Vigne Pierre Larousse, 1983.

Conseils de visite

Mai-juin pour les roses du jardin des senteurs et les premières journées chaudes ; septembre-octobre pour les vendanges (oui, vraies vendanges miniatures dans le Clos des Morillons). Samedi et dimanche matin pour le marché du livre — incontournable des bouquinistes. L'été, l'ombre des marronniers côté ouest fait du parc un refuge climatique. Comptez 1h pour la visite simple, davantage si vous fouillez le marché du livre.

À deux pas, La Vigneraie rue de la Convention ou L'Os à Moelle rue Vasco-de-Gama offrent une cuisine bistrot solide ; Le Café du Commerce (rue du Commerce, 8 minutes) demeure une institution du quartier. Le musée Bourdelle voisin (5 minutes), gratuit, prolonge admirablement la visite. Parc ouvert tous les jours dès 8h-9h jusqu'à 17h30-21h30 selon la saison. Entrée libre. Accessibilité PMR aisée sur les grandes allées.

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