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Jardins du Trocadéro

Parcs et Jardins

Jardins du Trocadéro

1937·jardin·Paris 16ème·Classé MH

Histoire

Le jardin du Trocadéro doit son existence aux grandes Expositions universelles parisiennes. Sur cette colline de Chaillot qui fait face au Champ-de-Mars, séparée par la Seine, une première mise en scène monumentale apparaît en 1878 : le palais du Trocadéro, vaste édifice mauresque à deux ailes courbes signé Davioud, est érigé pour l'Exposition de cette année-là. Son nom vient du fort espagnol de Trocadéro pris d'assaut par les Français en 1823 — l'épopée militaire ressurgit dans l'urbanisme.

Le jardin se déploie alors en pente douce vers la Seine, organisé autour d'une grande fontaine et d'aquariums souterrains qui exploitent une ancienne carrière de gypse. Les visiteurs du monde entier le découvrent en 1878, puis en 1889 lors de l'Exposition qui inaugure aussi la tour Eiffel sur la rive opposée — la perspective tour Eiffel-Trocadéro naît à ce moment-là.

L'ensemble est entièrement repensé pour l'Exposition de 1937. Le palais Davioud, jugé démodé, est démoli (à la lettre près : ses fondations sont conservées, et les nouveaux bâtiments épousent ses contours). À sa place, les architectes Carlu, Boileau et Azéma érigent le palais de Chaillot, en deux ailes monumentales encadrant un parvis vide, qui ouvre la vue magistrale sur la tour Eiffel. Roger-Henri Expert dessine les jardins en gradins avec leur axe central, les fontaines monumentales et leurs jets d'eau spectaculaires capables de cracher trois mille litres par seconde.

Depuis, le jardin du Trocadéro est devenu l'un des plus photographiés de Paris : son parvis offre la carte postale absolue de la capitale. Il accueille manifestations, défilés, événements internationaux. La déclaration universelle des droits de l'homme y fut signée en 1948 dans le palais de Chaillot, alors siège provisoire de l'ONU. Le 7 juillet 2017, plus de cent dirigeants mondiaux s'y rassemblaient pour la conférence d'attribution des Jeux olympiques à Paris.

À voir absolument

  • Le parvis des Droits-de-l'Homme, esplanade entre les deux ailes du palais de Chaillot, offrant la vue la plus iconique sur la tour Eiffel — incontournable
  • Les fontaines du Trocadéro (1937), composées d'une grande fontaine centrale (la Vasque) et de plus de vingt canons d'eau pouvant projeter des jets à plus de cinquante mètres
  • Les statues monumentales en bronze doré d'Anna Quinquaud, Henri Bouchard, Paul Niclausse autour de la grande fontaine — silhouettes Art déco somptueuses
  • Le bassin central descendant en gradins vers la Seine, parsemé de sculptures animalières d'Henri Arthur Bouchard
  • Les statues de cavaliers d'Albert Pommier, Georges Lucien Guyot et Paul Jouve disséminées dans les bosquets latéraux
  • Le palais de Chaillot lui-même, qui abrite la Cité de l'architecture et du patrimoine, le musée de l'Homme, le musée national de la Marine et le théâtre national de Chaillot
  • L'aquarium de Paris-Cinéaqua, niché dans l'ancienne carrière de gypse côté est, qui prolonge la tradition naturaliste des jardins du XIXe
  • Les vues plongeantes sur la Seine et les ponts d'Iéna et de Bir-Hakeim depuis les terrasses latérales

Anecdotes & secrets

Hitler, le 23 juin 1940 au matin, vint poser ici pour la photo la plus connue de sa carrière : devant la tour Eiffel, le Führer prenant possession symbolique d'une Paris vaincue. Le cliché, soigneusement mis en scène, fait partie aujourd'hui de la mémoire douloureuse du lieu. Quatre ans plus tard, en août 1944, c'est sur ce même parvis que défilent les troupes alliées libératrices — réplique inverse qui a effacé partiellement la première.

Sous le parvis se cachent d'anciennes carrières de gypse qui ont servi à fabriquer le plâtre de Paris — un plâtre si réputé qu'il en a donné son nom au matériau dans plusieurs langues (anglais : plaster of Paris). L'aquarium voisin y a niché ses bassins en exploitant les cavités existantes. À l'autre bout du jardin, le théâtre de Chaillot conserve dans ses sous-sols les vestiges du palais Davioud de 1878, dont quelques colonnes et bas-reliefs.

Détail fascinant : les soirs de spectacle pyrotechnique sur le Champ-de-Mars, le parvis du Trocadéro devient le balcon naturel de Paris ; des dizaines de milliers de spectateurs s'y entassent pour le feu d'artifice du 14 juillet, vue plongeante sur la tour Eiffel comme nulle part ailleurs. Et chaque fois que la France gagne (ou perd) une grande compétition sportive, c'est ici que la foule converge spontanément.

Conseils de visite

Tôt le matin (avant 9 heures) ou tard le soir pour éviter la foule et profiter de la lumière dorée sur la tour Eiffel — les heures bleues de l'aube et du crépuscule donnent les photos les plus mémorables. L'été, le jardin écrase de soleil sur le parvis ; l'ombre se trouve dans les bosquets latéraux et dans les jardins en pente vers la Seine. Comptez une heure pour le parvis et les fontaines, une demi-journée si vous combinez un des musées du palais de Chaillot.

À proximité, Café de l'Homme au pied du musée de l'Homme offre une terrasse spectaculaire face à la tour Eiffel ; la Brasserie Tokyo rue d'Iéna fait dans le bistrot raffiné. Pour un goûter, Carette place du Trocadéro reste une institution. Le jardin est ouvert 24h/24, accès libre. Accessibilité PMR globalement bonne, avec quelques pentes et escaliers — les ascenseurs des stations de métro Trocadéro et Iéna facilitent l'accès.

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