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Palais Scaglia di Verrua
Dans le vieux Turin, le Palais Scaglia di Verrua est l'un des rares témoins de la Renaissance tardive dans une ville que le Baroque allait bientôt métamorphoser. Reconstruit vers 1585-1604 pour la famille Scaglia di Verrua, il conserve une cour et surtout des façades sur cour ornées de fresques peintes vers 1603 par Antonino Parentani — décor peint « à graffito » et en trompe-l'œil qui simule architectures, figures et scènes, typique du goût de la fin du XVIᵉ siècle en Italie du Nord. À une époque où la pierre coûtait cher, on peignait sur l'enduit ce qu'on ne pouvait sculpter : colonnes, frises, statues feintes, personnages accoudés à de fausses fenêtres. Le palais fut la demeure d'une famille qui compta, au siècle suivant, l'une des figures les plus romanesques de la cour de Savoie, Jeanne-Baptiste d'Albert de Luynes, « la Dame de Verrua ». Modeste par sa taille, ce palais offre l'un des rares fragments préservés du Turin d'avant le Baroque, et un bel exemple de ces façades peintes qui donnaient à la ville, jadis, des allures de décor de théâtre.
Ce qu'il faut voir absolument
Ce palais se lit dans sa cour : cherche les façades peintes, où l'illusion tient lieu de sculpture. C'est un théâtre de pierre feinte.
- Les façades peintes sur cour : entre dans la cour et lève les yeux — les murs sont couverts de fresques (vers 1603) qui simulent architecture, colonnes, frises et figures. Ce que tu prends pour du relief est souvent peint à plat. Cherche l'endroit où le trompe-l'œil se trahit.
- Les fausses fenêtres et personnages : détaille le décor — parfois des personnages peints semblent se pencher à de fausses balustrades ou fenêtres, animant la cour d'une présence humaine feinte, jeu très prisé du maniérisme septentrional.
- Le décor à graffito : approche des murs et cherche les zones où le décor est incisé dans l'enduit (technique du sgraffito) autant que peint — une manière économe et raffinée d'orner les façades sans sculpter.
- La cour et l'escalier : parcours la cour et repère l'escalier — le cœur distributif de la demeure, où se lit l'organisation Renaissance de l'espace.
- Le contraste avec le Turin baroque : garde en tête que ce palais est antérieur à la grande transformation baroque de Turin (Guarini, Juvarra) — c'est un rare survivant de la ville Renaissance, à chercher sous les strates baroques de la capitale savoyarde.
- La mémoire de la Dame de Verrua : rappelle-toi la légende familiale — Jeanne-Baptiste de Verrua, maîtresse du duc de Savoie puis figure de la cour de France, l'une des femmes les plus fascinantes de son temps, dont le nom reste attaché à cette maison.
- L'échelle intime : accepte la modestie du lieu — ce n'est pas un palais monumental, mais un fragment authentique et rare, dont la valeur tient à ses façades peintes préservées.
Secrets et curiosités
Le Palazzo Scaglia di Verrua, à Turin, fut reconstruit vers 1585-1604 ; ses façades sur cour conservent des fresques attribuées à Antonino Parentani (vers 1603), exemple des décors peints en trompe-l'œil et sgraffito qui ornaient les palais d'Italie du Nord à la fin de la Renaissance. L'architecte n'est pas documenté. Le palais est l'un des rares témoins de la Renaissance tardive dans un Turin largement reconstruit à l'époque baroque. Le nom Verrua renvoie à la famille Scaglia, dont descend Jeanne-Baptiste d'Albert de Luynes, comtesse de Verrua (1670-1736), célèbre « Dame de Verrua ». Sa datation le situe à la charnière de la Renaissance et du premier Baroque.
Le saviez-vous ?
Le nom de ce palais évoque l'une des femmes les plus romanesques du Grand Siècle : Jeanne-Baptiste d'Albert de Luynes, comtesse de Verrua, qui fut la maîtresse du duc Victor-Amédée II de Savoie avant de fuir la cour de Turin dans des circonstances dignes d'un roman, et de devenir à Paris une salonnière et collectionneuse d'art réputée, surnommée « la Dame de Volupté ». Son esprit libre et sa fabuleuse collection firent d'elle une légende. Ainsi ce modeste palais turinois, avec ses façades peintes du temps de la Renaissance, porte le nom d'une famille dont une fille allait, un siècle plus tard, défrayer la chronique des deux plus brillantes cours d'Europe.
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Fiche mise à jour le 25 septembre 2026

