À voir
Pavillon de chasse de Grunewald
En 1542, au bord d'un lac entouré de forêts, l'électeur Joachim II se fait bâtir un pavillon de chasse à l'italienne : c'est aujourd'hui le plus ancien bâtiment conservé de Berlin. Derrière l'enveloppe blanchie que le baroque lui a donnée, subsiste la grande salle Renaissance à plafond à caissons où le prince recevait au retour de la battue. Les eaux et les bois d'alentour sont restés le décor de cette villégiature princière.
Ce qu'il faut regarder
Prenez d'abord le bâtiment de loin, depuis la rive du lac : la silhouette compacte à un seul corps de logis, coiffée aujourd'hui d'un toit à la Mansart percé de lucarnes, trahit deux époques superposées. L'œil exercé devine le pavillon trapu d'origine sous l'habillage ajouté vers 1705-1708. Franchissez le porche : la cour pavée, resserrée, garde l'échelle intime d'un rendez-vous de chasse princier, non d'une résidence d'apparat.
À l'intérieur, cherchez la Große Hofstube, la grande salle basse qui est le seul intérieur Renaissance subsistant. Levez les yeux vers son plafond à caissons, dont le dessin géométrique noir et blanc est resté en place depuis le XVIᵉ siècle. Les salles aménagées en galerie présentent une trentaine d'œuvres de Lucas Cranach l'Ancien et de son fils Lucas Cranach le Jeune, peintres attitrés des électeurs de Brandebourg : parmi elles, une « Judith tenant la tête d'Holopherne » et un portrait de Joachim II âgé. C'est la plus grande collection de Cranach présentée en un seul lieu dans la région.
Histoire
Le 7 mars 1542, l'électeur Joachim II de Brandebourg pose la première pierre d'un pavillon de chasse sur la rive d'un lac des forêts au sud-ouest de Berlin. Il le baptise « Zum grünen Wald » — Au vert bois — et ce nom finira par désigner toute la forêt de Grunewald. La construction, menée en 1542-1543, est traditionnellement attribuée au maître d'œuvre Caspar Theiss, actif aussi sur le château des Hohenzollern à Berlin ; le pavillon d'origine est un édifice Renaissance à deux niveaux avec tourelles d'angle, pignons décorés et fenêtres à verre plombé.
Joachim II règne sur un électorat en pleine bascule : il introduit la Réforme luthérienne en Brandebourg en 1539. Le pavillon est son lieu de détente, à l'écart des affaires de la résidence. Aux siècles suivants, les Hohenzollern transforment l'édifice : sous le règne de Frédéric Iᵉʳ, vers 1705-1708, on ajoute un étage et un toit à la Mansart qui unifient la façade et masquent — sans le détruire — le gros œuvre Renaissance. Le bâtiment reste un relais de chasse royal jusqu'au XIXᵉ siècle. Il abrite aujourd'hui un musée géré par la Fondation des châteaux et jardins prussiens, et ses collections de Cranach se sont enrichies après 1945 d'œuvres provenant de résidences berlinoises détruites.
Symboles et secrets
La pierre dédicatoire scellée au nom de Joachim II porte un relief de cerf : il renvoie à une légende locale de deux cerfs dont les bois se seraient entremêlés jusqu'à ce que les deux bêtes en meurent — image à la fois héraldique et funeste pour un lieu voué à la chasse. Le plafond à caissons noir et blanc de la grande salle est un rare témoin matériel du goût ornemental de la cour de Brandebourg au milieu du XVIᵉ siècle. Quant à la galerie Cranach, elle n'est pas un hasard muséal : les Cranach furent les peintres de cour des électeurs luthériens, et retrouver leurs panneaux ici, dans le pavillon de l'électeur qui imposa la Réforme, referme la boucle entre le lieu, le prince et ses artistes.
Pourquoi ça compte
Berlin n'a presque rien gardé de sa Renaissance : incendies, reconstructions et destructions du XXᵉ siècle ont effacé la ville des Hohenzollern d'avant le Baroque. Le pavillon de Grunewald est l'exception. C'est le plus ancien château conservé de la ville, le seul édifice où l'on touche encore, dans la pierre et sous les caissons d'un plafond, la Renaissance brandebourgeoise. Il relie en un seul lieu l'architecture de cour, la politique confessionnelle de Joachim II et la peinture des Cranach : trois fils de l'histoire allemande du XVIᵉ siècle noués au bord d'un lac.
Histoire
Le 7 mars 1542, l'électeur Joachim II de Brandebourg pose la première pierre d'un pavillon de chasse sur la rive d'un lac des forêts au sud-ouest de Berlin. Il le baptise « Zum grünen Wald » — Au vert bois — et ce nom finira par désigner toute la forêt de Grunewald. La construction, menée en 1542-1543, est traditionnellement attribuée au maître d'œuvre Caspar Theiss, actif aussi sur le château des Hohenzollern à Berlin ; le pavillon d'origine est un édifice Renaissance à deux niveaux avec tourelles d'angle, pignons décorés et fenêtres à verre plombé.
Joachim II règne sur un électorat en pleine bascule : il introduit la Réforme luthérienne en Brandebourg en 1539. Le pavillon est son lieu de détente, à l'écart des affaires de la résidence. Aux siècles suivants, les Hohenzollern transforment l'édifice : sous le règne de Frédéric Iᵉʳ, vers 1705-1708, on ajoute un étage et un toit à la Mansart qui unifient la façade et masquent — sans le détruire — le gros œuvre Renaissance. Le bâtiment reste un relais de chasse royal jusqu'au XIXᵉ siècle. Il abrite aujourd'hui un musée géré par la Fondation des châteaux et jardins prussiens, et ses collections de Cranach se sont enrichies après 1945 d'œuvres provenant de résidences berlinoises détruites.
Sources
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Fiche mise à jour le 7 novembre 2026
