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Hôtel de Ville de Châteaudun — architecture civile à Châteaudun (28), monument historique (Classé MH)

Monument

Hôtel de Ville de Châteaudun

1541-1571·Architecture civile·Châteaudun (28)·Classé MH

Contes, légendes & anecdotes

Jean de Dunois, dit le 'Bâtard d'Orléans' (1402-1468), était le fils naturel de Louis Ier d'Orléans — frère du roi Charles VI assassiné par Jean sans Peur. Compagnon de Jeanne d'Arc lors de la libération d'Orléans (1429), il fut l'un des plus grands chefs militaires de la guerre de Cent Ans. Son château de Châteaudun, reconstruit après ses victoires, est l'un des premiers châteaux de la Loire en style gothique-Renaissance. L'hôtel de ville de Châteaudun, construit soixante-dix ans après sa mort, s'inscrit dans la tradition architecturale qu'il avait initiée dans sa ville.

Histoire

Châteaudun, ville de l'Eure-et-Loir sur les bords du Loir dans la Beauce, possède l'un des ensembles architecturaux civils Renaissance les plus complets et les plus cohérents de la région Centre. L'hôtel de ville, construit entre 1541 et 1571, est l'édifice civil le plus remarquable de la ville — une façade en tuffeau de Loire articulée par des pilastres et ornée de lucarnes sculptées, avec une galerie ouverte au rez-de-chaussée. Châteaudun était au XVIe siècle la capitale du comté de Dunois — fief des Longueville, l'une des plus puissantes familles de la noblesse française, alliée à la famille royale. Jean de Dunois (le Bâtard d'Orléans, 1402-1468), compagnon de Jeanne d'Arc, avait reconstruit le château de Châteaudun dans un style gothique-Renaissance qui influence toute la construction de la ville. Son château, avec ses deux saintes-chapelles et ses belles façades, est le modèle local de la modernité architecturale du XVIe siècle.

À voir

Récit incarné

Châteaudun, Eure-et-Loir. La ville sur son éperon calcaire au-dessus du Loir — dominée par son château médiéval-Renaissance, l'une des premières résidences de la Loire à adopter le style nouveau au XVe siècle. Et dans la ville basse, l'hôtel de ville Renaissance — sa façade de tuffeau blanc, sa galerie, ses lucarnes.

L'hôtel de ville fut construit sur trente ans — 1541 à 1571. Une longue gestation qui dit les difficultés du financement mais aussi la fidélité au projet initial. Le tuffeau de Loire, apporté par bateau depuis les carrières de Touraine, donne à la façade cette blancheur chaude qui est la signature de la Renaissance ligérienne.

Jean de Dunois, le Bâtard d'Orléans et ami de Jeanne d'Arc, avait fait de Châteaudun une ville de prestige un siècle plus tôt. L'hôtel de ville Renaissance prolonge cet héritage — la ville qui se dote d'édifices civils à la hauteur de son histoire.

Lecture architecturale

L'hôtel de ville de Châteaudun est construit en tuffeau de Loire (calcaire tendre blanc-crème). La façade présente deux niveaux articulés par des pilastres ioniques et corinthiens. Une galerie à arcades occupe le rez-de-chaussée. Les lucarnes du comble sont sculptées avec soin — frontons alternés triangulaires et curvilignes.

Symboles à observer

1. Le tuffeau blanc : la pierre de la Renaissance ligérienne. Douce, taillée avec facilité, elle permet la sculpture de détails fins — frontons, médaillons, colonnettes.

2. Les lucarnes alternées : au comble, des lucarnes à fronton triangulaire alternent avec des lucarnes à fronton curviligne. C'est le programme décoratif classique de la Renaissance française — la variation dans la régularité.

3. La galerie à arcades : trois ou cinq arcades en plein cintre au rez-de-chaussée. La galerie ouverte sur la ville — l'espace public de la démocratie municipale.

4. Le château de Châteaudun : visible depuis la place, le château médiéval-Renaissance de Jean de Dunois et des Longueville. La référence architecturale que l'hôtel de ville devait honorer.

Anecdote mémorable

En 1870, lors de la guerre franco-prussienne, Châteaudun fut incendiée par les Prussiens après une résistance héroïque des Francs-tireurs locaux (18 octobre 1870). La ville fut à 40 % détruite — mais l'hôtel de ville en tuffeau survécut. La République française décerna à Châteaudun le titre de 'ville héroïque' — le premier de France. L'hôtel de ville Renaissance était dans les rues de cette résistance. La beauté du XVIe siècle avait survécu au feu du XIXe.

Contexte historique dense

Châteaudun au XVIe siècle était la capitale du comté de Dunois — un fief des Longueville, famille qui allait jouer un rôle important dans les guerres de religion. La construction de l'hôtel de ville (1541-1571) coïncide avec la première génération des guerres de religion — et ce dans une ville qui resta officiellement catholique mais dont certains notables penchaient vers le protestantisme.

Échos artistiques

Musique : Chansons de la Loire(tradition populaire ligérienne) — les chants des bateliers du Loir. Peinture : lePortrait de Jean de Dunois (miniature, XVe siècle) — le Bâtard d'Orléans, fondateur du prestige de Châteaudun. Architecture : le château de Châteaudun (28) — à quelques centaines de mètres, le modèle médiéval-Renaissance de la ville.

Pour aller plus loin

  • Château de Châteaudun — l'un des premiers châteaux de la Loire en style gothique-Renaissance.
  • Chartres (28, 45 km) — la cathédrale gothique et ses vitraux médiévaux.
  • Vendôme (41, 50 km) — la ville du Loir et le logis de César.

Pour aller plus loin

Œuvre Renaissance associée
Ce moys de may
Clément Janequin · c.1520–1558

Hôtel de Ville de Châteaudun (1541-1571), sur les bords du Loir : Janequin, chansonnier de la Loire, compose Ce moys de may avec la vivacité du printemps ligérien. La ville de Jean de Dunois (compagnon de Jeanne d'Arc) mérite sa chanson ligérienne de cour.

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