À voir
Devant vous, un homme et ses trois femmes, grandeur nature, alignés dans l'albâtre. Joachim Iᵉʳ von Alvensleben, deux fois veuf et trois fois marié, a fait sculpter ses épouses côte à côte dans la mort — et le monument dit, mieux qu'un registre, la mortalité féminine d'un siècle où l'on enterrait tant de jeunes femmes. Cette chapelle de château, consacrée en 1580, fut l'une des premières conçues pour le culte protestant dans la Börde : un dôme Renaissance posé sur une vieille tour, des tribunes doubles, et une véritable forêt d'épitaphes au-dessus des caveaux de la famille.# L'église du château d'ErxlebenÀ Erxleben, dans la plaine de la Börde, les seigneurs von Alvensleben se sont donné une église à eux : l'une des premières bâties pour le culte protestant dans la région, élevée de 1564 à 1580. On y entre comme dans un mausolée de famille, peuplé d'épitaphes et dominé par un monument d'albâtre où le seigneur Joachim Iᵉʳ repose entre ses trois épouses successives — la mort d'un siècle sculptée en pierre tendre.
Ce qu'il faut regarder
L'église-chapelle, dédiée à saint Godehard, est l'œuvre d'une famille. Sa tour garde l'allure massive d'un donjon médiéval (un Hausmannsturm), mais on l'a coiffée d'un dôme Renaissance : le vieux et le neuf, superposés. À l'intérieur, de doubles tribunes cernent la nef, et les murs se couvrent d'une multitude d'épitaphes, accumulés du XVIᵉ au XVIIIᵉ siècle.
Le chef-d'œuvre est le monument funéraire de Joachim Iᵉʳ von Alvensleben : des figures d'albâtre grandeur nature devant une architecture richement sculptée, qui montrent le seigneur accompagné de ses trois épouses successives. Cherchez aussi l'immense épitaphe de Gebhard XXI von Alvensleben et d'Elisabeth (vers 1624), haut de près de cinq mètres, Renaissance tardive allemande, sorti de l'atelier de Ludwig Dehne, de Magdebourg. Sous l'église dorment les caveaux de la famille.
Levez les yeux vers les doubles tribunes de bois qui courent sur deux niveaux : elles multiplient les places et resserrent la communauté autour de la chaire, selon le goût protestant. Et observez, dehors, la singulière silhouette de la tour : une base de donjon médiéval, trapue et défensive, surmontée d'un dôme Renaissance clair — l'image même d'une vieille noblesse qui se modernise sans renier son passé. L'accumulation des épitaphes sur trois siècles fait du lieu un livre de pierre, feuilleté génération après génération.
Histoire
Les von Alvensleben sont une vieille famille noble de la Börde. Dès 1534, Busso le Riche jette les bases d'une fondation ; ce sont ses héritiers, Joachim Iᵉʳ et Valentin, qui bâtissent l'église, de 1564 à 1580. C'est un choix de foi autant que de rang : en construisant une église pour le culte protestant, l'une des premières de la Börde, la famille affirme son adhésion à la Réforme. La chapelle est consacrée le 9 septembre 1580.
L'église devient alors le cœur spirituel et funéraire du domaine. Génération après génération, les Alvensleben s'y font enterrer et y dressent leurs monuments. Le grand épitaphe de Gebhard XXI, commandé vers 1624 à l'atelier Dehne, prolonge cet élan jusqu'au seuil de la guerre de Trente Ans. En 1674, Gebhard Johann II fait rénover l'église et aménager les caveaux.
Symboles et secrets
Le monument de Joachim Iᵉʳ cache une vérité crue du siècle. Trois épouses, sculptées côte à côte autour d'un même homme : non pas la bigamie, mais le veuvage répété. On se remariait vite, car les femmes mouraient jeunes, en couches le plus souvent. Faire figurer les trois dans la mort, grandeur nature, c'était à la fois un hommage et un aveu : la fragilité de la vie féminine, inscrite dans l'albâtre d'un tombeau seigneurial. L'église des Alvensleben est ainsi un livre de pierre où se lit, par-delà la foi, la démographie d'une noblesse.
Pourquoi ça compte
Parce qu'Erxleben montre comment la petite noblesse a fait sienne la Réforme : non en suivant un prince, mais en bâtissant, chez elle, sa propre église protestante, parmi les premières de la région. Et parce que son décor funéraire, du monument d'albâtre aux grands épitaphes, offre un panorama rare de la sculpture Renaissance tardive de Saxe-Anhalt — un mausolée de famille devenu musée de pierre, où une seule lignée raconte, de tombeau en tombeau, toute son histoire.
Histoire
Les von Alvensleben sont une vieille famille noble de la Börde. Dès 1534, Busso le Riche jette les bases d'une fondation ; ce sont ses héritiers, Joachim Iᵉʳ et Valentin, qui bâtissent l'église, de 1564 à 1580. C'est un choix de foi autant que de rang : en construisant une église pour le culte protestant, l'une des premières de la Börde, la famille affirme son adhésion à la Réforme. La chapelle est consacrée le 9 septembre 1580.
L'église devient alors le cœur spirituel et funéraire du domaine. Génération après génération, les Alvensleben s'y font enterrer et y dressent leurs monuments. Le grand épitaphe de Gebhard XXI, commandé vers 1624 à l'atelier Dehne, prolonge cet élan jusqu'au seuil de la guerre de Trente Ans. En 1674, Gebhard Johann II fait rénover l'église et aménager les caveaux.
Sources
- 1.Deutsche Stiftung Denkmalschutz — Schlosskirche Erxleben
- 2.Familie von Alvensleben e.V. — Schlosskapelle Erxleben
- 3.Wikipedia DE « Schloss Erxleben »
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Fiche mise à jour le 7 novembre 2026
