À voir
Regardez le doreur poser, à la feuille, l'or sur les colonnes corinthiennes de la Salle d'or. Nous sommes vers 1609 : le duc Johann Friedrich va épouser Barbara Sophie de Brandebourg, et sa salle de noces doit éblouir. Sur les murs reviennent, répétés, un palmier et un mot latin — « Attempto », « j'ose » : la devise et l'emblème d'Eberhard le Barbu, l'ancêtre fondateur né dans ces murs, qui ramena jadis de Mantoue une épouse italienne. En redéployant les palmiers de l'aïeul, le duc inscrit son mariage dans une longue lignée. Le doreur le sait : il ne couvre pas d'or une simple salle, il enchâsse une alliance de maisons dans la plus ancienne résidence du Wurtemberg.# Le château-résidence d'UrachAu pied des escarpements de la Jura souabe, dans la petite ville thermale de Bad Urach, se tient la plus ancienne résidence conservée du Wurtemberg. Bâtie dès 1443 par les comtes, elle garde à son deuxième étage un éblouissement : la Salle d'or, le Goldener Saal, redécorée vers 1609 dans le faste de la Renaissance tardive pour les noces d'un duc — colonnes et murs entièrement dorés, comme une châsse ouverte au cœur de la pierre.
Ce qu'il faut regarder
Montez jusqu'à la Salle d'or. L'effet est immédiat : tout brille. De hautes colonnes corinthiennes dorées portent un plafond de bois précieux ; les murs sont couverts d'or, de rinceaux, de motifs de palmiers, et partout revient un mot latin, « Attempto » — « j'ose ». Les portails sculptés et le poêle d'apparat prolongent ce luxe. On la compte parmi les plus belles salles de fêtes Renaissance du sud-ouest allemand.
Mais le château est un livre à plusieurs pages. Au rez-de-chaussée, la Dürnitz garde ses voûtes gothiques tardives. Au premier étage, le Palmensaal (salle des palmiers) montre la preuve d'ancêtres du comte Eberhard V. Plus haut encore, une collection de traîneaux d'apparat dorés rappelle les fastes d'une cour plus tardive. On traverse ainsi, d'un étage à l'autre, trois siècles de vie princière.
Histoire
La résidence naît en 1443, après un partage du comté, comme siège du comte Ludwig Ier de Wurtemberg ; on la bâtit sur le modèle du château de Stuttgart. C'est ici que naît et grandit Eberhard « im Bart » (le Barbu), premier duc de Wurtemberg, figure d'humaniste qui fonda l'université de Tübingen. En 1474, il épouse l'Italienne Barbara Gonzaga de Mantoue : la jeune femme quitte l'une des cours les plus raffinées d'Italie pour cette vallée souabe, apportant avec elle un peu de l'air de la Renaissance italienne. Une première salle de fêtes est aménagée pour ces noces. Le couple réside à Urach jusqu'au transfert de la cour à Stuttgart, en 1482 ; la devise d'Eberhard, « Attempto », et son emblème du palmier resteront attachés au lieu.
La Salle d'or doit son éclat à un autre mariage. Le duc Johann Friedrich la fait redécorer et dorer en style Renaissance tardive vers 1609, pour ses noces avec Barbara Sophie de Brandebourg — reprenant la devise et les palmiers d'Eberhard pour inscrire son règne dans la lignée. La résidence, devenue secondaire, traversera les siècles ; elle est aujourd'hui musée et l'un des monuments majeurs de l'histoire du Wurtemberg.
Symboles et secrets
Pourquoi des palmiers et « Attempto » partout dans la Salle d'or ? Parce que ce sont les emblèmes d'Eberhard le Barbu, le fondateur de la grandeur wurtembergeoise : en les redéployant un siècle plus tard, Johann Friedrich se place sous le patronage de l'ancêtre illustre et dit la continuité de la maison. Le palmier, qui passe pour se redresser sous le poids, symbolise la constance dans l'adversité — « j'ose », malgré tout. Dorer entièrement une salle, enfin, c'est transformer une fête de mariage en manifeste : l'alliance de deux maisons vaut bien un écrin d'or.
Pourquoi ce lieu compte
Parce que la Salle d'or d'Urach est l'une des plus somptueuses salles d'apparat de la Renaissance tardive dans le sud-ouest de l'Allemagne, et parce que le château tout entier conserve, sur plusieurs étages, la mémoire continue de la maison de Wurtemberg — du comte médiéval à l'épouse mantouane, jusqu'au duc de 1609. Urach est le berceau conservé d'une dynastie : c'est la plus ancienne résidence du Wurtemberg qui nous soit parvenue, le lieu où l'on peut encore toucher les origines d'une maison qui régna jusqu'au XXe siècle. Nulle part ailleurs la lignée ne se laisse lire d'aussi près.
Histoire
La résidence naît en 1443, après un partage du comté, comme siège du comte Ludwig Ier de Wurtemberg ; on la bâtit sur le modèle du château de Stuttgart. C'est ici que naît et grandit Eberhard « im Bart » (le Barbu), premier duc de Wurtemberg, figure d'humaniste qui fonda l'université de Tübingen. En 1474, il épouse l'Italienne Barbara Gonzaga de Mantoue : la jeune femme quitte l'une des cours les plus raffinées d'Italie pour cette vallée souabe, apportant avec elle un peu de l'air de la Renaissance italienne. Une première salle de fêtes est aménagée pour ces noces. Le couple réside à Urach jusqu'au transfert de la cour à Stuttgart, en 1482 ; la devise d'Eberhard, « Attempto », et son emblème du palmier resteront attachés au lieu.
La Salle d'or doit son éclat à un autre mariage. Le duc Johann Friedrich la fait redécorer et dorer en style Renaissance tardive vers 1609, pour ses noces avec Barbara Sophie de Brandebourg — reprenant la devise et les palmiers d'Eberhard pour inscrire son règne dans la lignée. La résidence, devenue secondaire, traversera les siècles ; elle est aujourd'hui musée et l'un des monuments majeurs de l'histoire du Wurtemberg.
Sources
- 1.Staatliche Schlösser und Gärten Baden-Württemberg — Residenzschloss Urach, Goldener Saal
- 2.Bad Urach Tourismus — Residenzschloss Urach
- 3.Wikipedia DE / EN « Residenzschloss Urach » / « Bad Urach »
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Fiche mise à jour le 7 novembre 2026
