Contes, légendes & anecdotes
Nostradamus mourut à Salon-de-Provence le 2 juillet 1566 — dans sa maison de la rue de la Poissonnerie, à quelques centaines de mètres du château de l'Empéri. La veille, il avait écrit dans son carnet : 'Demain, je ne serai plus là.' Le matin du 2 juillet, son secrétaire le trouva mort, assis dans son fauteuil devant sa table de travail. La prophétie de sa propre mort — la seule qu'il ait prouvablement prédit correctement. Nostradamus avait habité Salon pendant dix-neuf ans — soignant les malades de la peste, écrivant ses almanachs et ses centuries, recevant des grands seigneurs et des ambassadeurs venus consulter l'oracle. Le château de l'Empéri était dans son champ de vision quotidien.
Histoire
Le château de l'Empéri de Salon-de-Provence, ancienne résidence des archevêques d'Arles, est l'un des ensembles castraux et résidentiels les plus remarquables de Provence. Construit à partir du Xe siècle sur son piton rocheux dominant la plaine de la Crau, il fut progressivement agrandi et embelli jusqu'au XVIe siècle. Les galeries Renaissance intérieures (v.1530-1560), aménagées dans la grande cour d'honneur par les archevêques humanistes qui se succédèrent à cette période, constituent les éléments les plus représentatifs de la Renaissance provençale dans cet ensemble essentiellement médiéval. Nostradamus (1503-1566) vécut à Salon-de-Provence de 1547 à sa mort — il connaissait certainement le château de l'Empéri et fréquentait les milieux ecclésiastiques et humanistes de la ville. Le château abrite aujourd'hui le Musée de l'Empéri, l'un des plus importants musées d'histoire militaire de France.
À voir
Récit incarné
Salon-de-Provence, Bouches-du-Rhône. La ville entre les Alpilles et la Camargue, dans la plaine de la Crau. Et sur son piton rocheux, le château de l'Empéri — ses tours médiévales, ses murailles, ses galeries Renaissance dans la cour intérieure.
Nostradamus vivait ici. À quelques centaines de mètres du château, dans sa maison de la rue de la Poissonnerie, il écrivait ses Centuries et soignait ses malades. Le château de l'Empéri était l'édifice le plus visible de la ville — on le voyait depuis toutes les rues, depuis les champs environnants, depuis les routes qui convergeaient vers Salon.
La cour intérieure du château. Les galeries Renaissance — deux niveaux d'arcades en plein cintre portées par des colonnes — courent sur deux côtés. C'est une architecture de prestige résidentiel, pas militaire. Les archevêques d'Arles avaient transformé leur forteresse médiévale en palais Renaissance — une transformation qui dit le changement des temps : plus besoin de murs épais et de meurtrières, on veut des galeries et de la lumière.
Lecture architecturale
Le château de l'Empéri présente plusieurs couches architecturales. Les parties médiévales (Xe-XVe siècles) sont en calcaire et grès locaux — murs épais, fenêtres étroites. Les galeries Renaissance (v.1530-1560) sont en calcaire de Provence — deux niveaux d'arcades en plein cintre portées par des colonnes, dans une composition qui rappelle les cours des palais romains.
Symboles à observer
1. Les galeries Renaissance dans la cour : les deux niveaux d'arcades. Comparez leur style avec les galeries médiévales du même château — la lumière et l'espace contre l'ombre et la forteresse.
2. Les colonnes de calcaire : les fûts des colonnes de la galerie. Lisses, bien proportionnés, avec des chapiteaux composites.
3. La vue depuis le château : depuis les terrasses, la plaine de la Crau, les Alpilles, et au loin la Camargue. Le même paysage que Nostradamus voyait depuis sa maison voisine.
4. Les collections militaires (au musée) : épées, armures, uniformes de Napoléon à 1918 — une collection militaire française de premier rang dans un château provençal Renaissance.
Anecdote mémorable
En 1564, la reine Catherine de Médicis et le jeune Charles IX vinrent à Salon-de-Provence lors de leur 'Grand Tour de France' — un voyage de deux ans destiné à montrer le roi à ses sujets. Ils reçurent Nostradamus en audience. Charles IX fit chevalier le vieux prophète — une récompense royale pour un homme de lettres et de médecine. Nostradamus mourut deux ans plus tard, chevalie de Saint-Michel, dans sa maison de Salon. Catherine de Médicis avait-elle visité le château de l'Empéri lors de ce passage ? C'est probable — c'était le monument principal de la ville.
Contexte historique dense
Les archevêques d'Arles qui résidèrent au château de l'Empéri au XVIe siècle étaient des hommes cultivés — plusieurs avaient étudié à Paris, à Bologne ou à Padoue. Leurs remaniements Renaissance de la cour du château (v.1530-1560) reflètent cet humanisme ecclésiastique — le goût pour les belles formes, la lumière, les proportions antiques. Nostradamus, qui vivait dans la même ville, fréquentait ces milieux.
Échos artistiques
Musique : Prophéties— les textes de Nostradamus mis en musique par des compositeurs contemporains. Peinture : lePortrait de Nostradamus par son fils César (Musée de Salon-de-Provence) — le prophète dans sa maison de Salon. Architecture : le château des Baux-de-Provence (13, 25 km) — les ruines spectaculaires du château médiéval des Baux dans les Alpilles.
Pour aller plus loin
- Maison de Nostradamus (Salon-de-Provence) — la maison du prophète, transformée en musée.
- Les Baux-de-Provence (13, 25 km) — les ruines médiévales et le village perché.
- Arles (13, 40 km) — les arènes romaines et la ville Van Gogh.


