À voir
Le château de Neuburg-sur-le-Danube
Dominant le Danube, le château de Neuburg fut la résidence des comtes palatins de la branche Palatinat-Neuburg. Transformé à partir de 1530 par le prince humaniste Othon-Henri, il abrite deux trésors de la Renaissance : une chapelle peinte en 1543 qui compte parmi les tout premiers intérieurs d'église conçus pour le culte protestant, et une cour entièrement couverte de sgraffites.
Ce qu'il faut regarder
Dans la cour, levez les yeux : les murs sont couverts de sgraffites, cette technique où l'on grave un enduit clair sur un fond sombre pour dessiner des scènes. Ici se déploient des épisodes de l'Ancien Testament, exécutés vers 1555-1560 par le maître néerlandais Hans Schroer. C'est l'un des plus vastes décors de ce genre conservés en Allemagne, qui court sur les galeries à arcades superposées du cortile. La cour entière devient ainsi une Bible ouverte : d'une arcade à l'autre, le visiteur remonte le récit sacré comme on tourne les pages, le gris et le blanc du sgraffite tenant lieu d'encre et de papier à l'échelle d'un bâtiment.
Puis entrez dans la chapelle du château. Peinte en 1543 par Hans Bocksberger l'Ancien, elle présente un programme d'images pensé pour la foi réformée : non plus un décor de saints, mais des scènes de l'Écriture mises au service de la prédication, la voûte réunissant en un seul ciel peint la Résurrection, la Transfiguration et le Retour du Christ. Tenue pour l'un des premiers espaces cultuels protestants conçus comme tels, elle est, selon la tradition, liée à une prédication inaugurale du réformateur Andreas Osiander. Le reste du château — galeries, salles, deux tours rondes tournées vers le fleuve, la salle des grottes — complète la visite, tout comme la galerie de peinture baroque flamande (une antenne des collections d'État de Bavière) qu'il abrite aujourd'hui.
Histoire
Othon-Henri (1502-1559), fondateur de la principauté de Palatinat-Neuburg, est un prince cultivé et bibliophile — on lui doit la célèbre Bible d'Ottheinrich —, acquis de bonne heure à la Réforme, qu'il introduit officiellement dans sa principauté en 1542. Entre 1530 et 1545, il fait de Neuburg une résidence à la mesure de son rang, dans le goût neuf venu d'Italie. La génération suivante ajoute, après 1555, la spectaculaire cour à sgraffites. Othon-Henri devint plus tard électeur palatin et donna son nom à l'aile Renaissance du château de Heidelberg, l'Ottheinrichsbau : son œuvre de Neuburg en annonce le goût. Plus tard, les ducs de Palatinat-Neuburg revinrent au catholicisme, et le château fut rattaché à la Bavière ; il se visite aujourd'hui, chapelle comprise. Dressé sur un éperon rocheux au-dessus de la vieille ville, flanqué de deux grosses tours rondes tournées vers le Danube, il domine encore Neuburg de sa longue façade claire. Le va-et-vient religieux de la dynastie — protestante sous Othon-Henri, catholique un demi-siècle plus tard — a laissé ses marques partout, faisant du château un palimpseste des deux confessions.
Symboles et secrets
La chapelle dit tout d'un moment de bascule : en 1543, on invente l'image d'une église protestante, où le mur ne montre plus des saints à prier mais des récits à méditer — l'image devient leçon et non intercession. Et le choix du sgraffite pour la cour, technique savante venue du sud, affiche la culture italienne d'une cour qui veut compter, au moment même où le pays se déchire sur la question de la foi.
Pourquoi ce lieu compte
Parce qu'il réunit, en un seul château, les deux visages de la Renaissance allemande : l'art de cour venu d'Italie, et la révolution religieuse qui refaçonne au même moment le sens des images. Neuburg est le lieu où l'on voit, côte à côte, l'humanisme et la Réforme bâtir ensemble.
Histoire
Othon-Henri (1502-1559), fondateur de la principauté de Palatinat-Neuburg, est un prince cultivé et bibliophile — on lui doit la célèbre Bible d'Ottheinrich —, acquis de bonne heure à la Réforme, qu'il introduit officiellement dans sa principauté en 1542. Entre 1530 et 1545, il fait de Neuburg une résidence à la mesure de son rang, dans le goût neuf venu d'Italie. La génération suivante ajoute, après 1555, la spectaculaire cour à sgraffites. Othon-Henri devint plus tard électeur palatin et donna son nom à l'aile Renaissance du château de Heidelberg, l'Ottheinrichsbau : son œuvre de Neuburg en annonce le goût. Plus tard, les ducs de Palatinat-Neuburg revinrent au catholicisme, et le château fut rattaché à la Bavière ; il se visite aujourd'hui, chapelle comprise. Dressé sur un éperon rocheux au-dessus de la vieille ville, flanqué de deux grosses tours rondes tournées vers le Danube, il domine encore Neuburg de sa longue façade claire. Le va-et-vient religieux de la dynastie — protestante sous Othon-Henri, catholique un demi-siècle plus tard — a laissé ses marques partout, faisant du château un palimpseste des deux confessions.
Sources
- 1.Bayerische Schlösserverwaltung — Schloss Neuburg a.d. Donau
- 2.Stadt Neuburg an der Donau — Residenzschloss
- 3.Wikipedia DE « Schloss Neuburg (Donau) »
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Fiche mise à jour le 7 novembre 2026
