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Cathédrale Saint-Étienne de Limoges — édifice religieux à Limoges (Haute-Vienne (87)) (87), monument historique (Classé MH)

Monument

Cathédrale Saint-Étienne de Limoges

1273-1888 (campagne Renaissance principale 1490-1550, jubé 1533-1539)·Religieux·Limoges (Haute-Vienne (87)) (87)·Classé MH
Cathédrale Saint-Étienne de Limoges — édifice religieux à Limoges (Haute-Vienne (87)) (87), monument historique (Classé MH) — vue 2

À voir

Histoire

La cathédrale Saint-Étienne de Limoges présente l'un des chantiers gothiques les plus longs de France : 615 années de construction ininterrompue (1273-1888) sous 22 règnes successifs — de Philippe le Hardi à Sadi Carnot. Son « jubé Renaissance » (1533-1539), bien que démonté en 1759 et déplacé contre le mur ouest de la nef, reste l'un des plus beaux jubés Renaissance subsistant en France — avec ceux d'Albi (voir fiche #85), de Saint-Étienne-du-Mont (Paris, exclu HitsMap), et de Sainte-Madeleine de Troyes (voir fiche #42).

L'édifice fut commencé en 1273 sous Philippe le Hardi par le chantier du chœur. La construction s'étala ensuite par phases successives sur six siècles, dans un style gothique méridional (caractéristique du Sud-Ouest : élévation à deux étages, voûtes uniformes, absence de transept saillant).

L'élément Renaissance majeur est le jubé, sculpté entre 1533 et 1539 sous François Ier et Henri II, attribué à Jean Marchant (sculpteur limousin). Le jubé déploie un programme architectural et iconographique exceptionnel : trois arcades à colonnes corinthiennes, frontispice triangulaire, médaillons à profil antique, rinceaux d'acanthes, putti, scènes bibliques (Travaux d'Hercule chrétien : douze travaux assimilés à des batailles spirituelles), statues dans des niches Renaissance.

Le jubé fut démonté en 1759 sur ordre du concile de Trente (rapprocher les fidèles du chœur). Les éléments furent conservés et remontés contre le mur ouest de la nef — ce qui en fait aujourd'hui un « faux jubé » mural plutôt qu'un vrai jubé séparateur.

À voir absolument

  • Le jubé Renaissance (1533-1539), démonté en 1759 mais remonté contre le mur ouest — chef-d'œuvre absolu de la Renaissance limousine
  • Les statues, médaillons à profil antique et frises sculptées du jubé
  • L'élévation gothique méridionale du chœur (XIIIe-XIVe siècles)
  • La façade occidentale néogothique (XIXe siècle), mais sur plans gothiques
  • Le portail Saint-Jean (vers 1517), Renaissance précoce
  • Les vitraux Renaissance (XVIe siècle) partiellement conservés
  • Les tombeaux des évêques de Limoges (XVe-XVIe siècles)
  • Le buffet d'orgue classique
  • Les émaux de Limoges dans le trésor (visite payante) — patrimoine emblématique de la ville
  • L'emplacement : sur le jardin de l'Évêché dominant la Vienne, panorama exceptionnel

Anecdotes & secrets

Les émaux de Limoges, célèbres dans le monde entier depuis le XIIe siècle, sont l'emblème artistique de la ville. Production initialement religieuse (reliquaires, calices, croix processionnelles), elle se développa au XVIe siècle vers l'art profane (assiettes décoratives, portraits, plaquettes ornementales). Les plus grands maîtres des émaux peints Renaissance furent Léonard Limosin (vers 1505-1577) — qui travailla pour François Ier et Henri II, et dont les œuvres sont au Louvre et au château d'Écouen (voir fiche #74) — et Pierre Reymond (vers 1513-1584). Le musée des Beaux-Arts de Limoges (gratuit le 1er dimanche) conserve une collection exceptionnelle.

Limoges fut siège épiscopal majeur depuis le IIIe siècle, avec saint Martial (mort 250) — l'un des « sept apôtres des Gaules » envoyés par Rome au IIIe siècle pour évangéliser. L'abbaye Saint-Martial de Limoges (détruite à la Révolution) fut au Moyen Âge l'un des plus grands centres intellectuels d'Europe, connue pour le « style limousin » des manuscrits (XIe-XIIe siècles, écoles de copistes) et pour la « musique limousine » (premières polyphonies européennes, XIIe siècle).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Limoges fut un important centre de la Résistance. La cathédrale Saint-Étienne servit de cache de documents clandestins de la Résistance dans sa crypte entre 1942 et 1944. Le massacre d'Oradour-sur-Glane (10 juin 1944), à 25 km de Limoges, où 642 civils furent exterminés par la division SS Das Reich en représailles, marqua à jamais la mémoire limousine. La cathédrale célèbre chaque année une messe commémorative.

Conseils de visite

Cathédrale ouverte tous les jours de 9h à 18h, entrée libre. Trésor : visite payante (5€). Combiner avec la visite du musée des Beaux-Arts (gratuit le 1er dimanche, émaux de Limoges), du musée de la Résistance, et du village martyr d'Oradour-sur-Glane (à 25 km, gratuit, mémorial poignant). Limoges accessible depuis Paris-Austerlitz en train (3h) ou Bordeaux en TER (3h).

Pour aller plus loin