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Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Montauban — édifice religieux à Montauban (Tarn-et-Garonne (82)) (82), monument historique (Classé MH)

Monument

Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Montauban

1692-1739 (Louis XIV — Louis XV) — édifice classique sur modèle Renaissance·Religieux·Montauban (Tarn-et-Garonne (82)) (82)·Classé MH
Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Montauban — édifice religieux à Montauban (Tarn-et-Garonne (82)) (82), monument historique (Classé MH) — vue 2
Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Montauban — édifice religieux à Montauban (Tarn-et-Garonne (82)) (82), monument historique (Classé MH) — vue 3

À voir

Histoire

La cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Montauban est l'un des très rares édifices religieux français entièrement construits sous Louis XIV (1692-1739) — la France ayant arrêté la construction de cathédrales après les guerres de Religion. Conçue dans un style néo-Renaissance/classique inspiré directement des modèles italiens (Saint-Pierre de Rome, Saint-Charles-Borromée de Milan), elle constitue un manifeste architectural de la Contre-Réforme catholique dans une cité historiquement protestante.

Montauban fut au XVIe-XVIIe siècle l'une des principales places fortes protestantes de France — bastion huguenot majeur après La Rochelle et Sancerre. La cité résista trois fois aux sièges catholiques : siège de 1621 (sous Louis XIII et le duc de Luynes, résistance victorieuse), siège de 1622 (Louis XIII personnellement présent, échec catholique), soumission de 1629 (après la chute de La Rochelle en 1628, Montauban capitule sans combat). La cité fut alors « re-catholicisée » par Louis XIII puis Louis XIV : expulsion des huguenots (notamment après la Révocation de l'édit de Nantes en 1685), destruction des temples protestants, construction de la cathédrale comme symbole architectural de la victoire catholique.

L'édifice fut commandé en 1692 par l'évêque Pierre de Bertier (premier évêque catholique de Montauban depuis la Réforme). Conçu par François Levau (architecte parisien, neveu du célèbre Louis Le Vau) puis par Pierre Damezin, il fut achevé en 1739 sous Louis XV. Le style est « néo-Renaissance italienne » : plan en croix latine, dôme central sur tambour, façade à pilastres corinthiens et fronton triangulaire, portique à colonnes.

À voir absolument

  • La façade Renaissance/classique à pilastres corinthiens et fronton triangulaire
  • Le dôme central sur tambour octogonal, sur modèle de Saint-Pierre de Rome (Bramante-Michel-Ange)
  • Le maître-autel baroque (XVIIIe siècle), à colonnes torses et baldaquin
  • Le « Vœu de Louis XIII » d'Ingres (1824), peinture monumentale (4,21 m × 2,62 m) accrochée dans le chœur — chef-d'œuvre du peintre néoclassique
  • Les vitraux classiques (XVIIe-XVIIIe siècles)
  • Les chapelles latérales ornées de retables baroques
  • Le buffet d'orgue classique (XVIIIe siècle)
  • L'emplacement urbain : place Roosevelt, au cœur de la bastide médiévale de Montauban
  • Le musée Ingres-Bourdelle voisin (payant), consacré au peintre néoclassique Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), né à Montauban

Anecdotes & secrets

Le « Vœu de Louis XIII » (1824) d'Ingres est l'un des chefs-d'œuvre du néoclassicisme français. Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), né à Montauban, élève de David, lauréat du Prix de Rome en 1801, peignit cette toile monumentale sur commande royale (Louis XVIII) entre 1820 et 1824. Le tableau représente Louis XIII offrant sa couronne et son sceptre à la Vierge Marie (référence au vœu du 10 février 1638 par lequel le roi mit la France sous la protection de la Vierge). Ingres s'inspira directement de Raphaël (les couleurs vives, les drapés italianisants, l'idéalisation des visages). La toile fut installée dans la cathédrale de Montauban en 1826 — où elle reste depuis lors, l'une des rares œuvres majeures d'Ingres subsistant in situ (hors musée).

Les trois sièges de Montauban (1621, 1622, 1629) furent parmi les plus dramatiques épisodes des guerres de Religion finales. Le second siège (1622), où Louis XIII était personnellement présent avec 15 000 hommes, dura 86 jours et fit plusieurs milliers de morts (de dysenterie plutôt que de combat). Les huguenots montalbanais résistèrent dans une cité fortifiée Vauban-avant-Vauban (la bastide de Montauban, fondée en 1144, déjà conçue selon des principes de fortification moderne). Le siège fut levé le 2 novembre 1622 — défaite humiliante pour Louis XIII. La soumission de 1629 ne se fit qu'après la chute de La Rochelle (octobre 1628) et le désespoir des protestants français.

Bourdelle (Antoine Bourdelle, 1861-1929), sculpteur français majeur, disciple de Rodin, est également né à Montauban. Le musée Ingres-Bourdelle voisin (payant) consacre une partie de ses collections à son œuvre.

Conseils de visite

Cathédrale ouverte tous les jours de 9h à 12h et 14h30 à 18h, entrée libre. Combiner avec la visite du musée Ingres-Bourdelle (payant 7€, à 5 min à pied), de la place nationale (bastide médiévale, gratuite), et des bords du Tarn. Montauban accessible depuis Toulouse en TER (30 min). À 25 km de Moissac (abbaye romane majeure).