HitsMap
Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume — édifice religieux à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var (83)) (83), monument historique (Classé MH)

Monument

Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume

1295-XVIIe siècle (retables Renaissance Ronzen 1517-1520)·Religieux·Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var (83)) (83)·Classé MH
Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume — édifice religieux à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var (83)) (83), monument historique (Classé MH) — vue 2
Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume — édifice religieux à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var (83)) (83), monument historique (Classé MH) — vue 3
Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume — édifice religieux à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var (83)) (83), monument historique (Classé MH) — vue 4

À voir

Histoire

La basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume est la plus grande église gothique de Provence, « troisième tombeau de la chrétienté » après Rome (Saint-Pierre) et Jérusalem (Saint-Sépulcre). Construite à partir de 1295 par les dominicains, elle abrite le « tombeau de Marie-Madeleine » — selon la tradition provençale, la sainte d'Évangile aurait débarqué en Camargue (Saintes-Maries-de-la-Mer) après la résurrection du Christ, puis vécu en ermitage dans la grotte de la Sainte-Baume voisine pendant 30 ans.

L'édifice fut commandé par Charles II d'Anjou, roi de Naples et comte de Provence, qui avait « redécouvert » les reliques de Marie-Madeleine dans la crypte mérovingienne de l'église Saint-Maximin en 1279. La construction d'une immense basilique (73 mètres de long, 29 mètres de hauteur sous voûte) devait honorer dignement la sainte d'Évangile. Le chantier s'étala sur plus de 250 ans (1295-1550), traversant Charles VI, Charles VII, Louis XI, Charles VIII, Louis XII, François Ier et Henri II.

L'élément Renaissance majeur de la basilique est l'ensemble de retables Renaissance sculptés et peints par Antoine Ronzen (peintre vénitien) entre 1517 et 1520. Le retable de la Passion (1520), polyptyque de 22 panneaux, est considéré comme l'un des chefs-d'œuvre absolus de la peinture Renaissance vénitienne hors d'Italie. Le programme iconographique mêle influences vénitiennes (couleurs vives, perspective italienne) et influences flamandes (détails miniaturistes, paysages).

La basilique abrite également le tombeau-reliquaire de sainte Marie-Madeleine dans la crypte mérovingienne (Ve siècle), encore objet de pèlerinages.

À voir absolument

  • Le retable de la Passion d'Antoine Ronzen (1517-1520), 22 panneaux, chef-d'œuvre de la peinture vénitienne en France
  • La crypte mérovingienne (Ve siècle), avec le tombeau-reliquaire de Marie-Madeleine
  • Le crâne de Marie-Madeleine (relique exposée dans la crypte)
  • L'élévation gothique de la nef (73 m × 29 m), la plus grande de Provence
  • Le maître-autel baroque (XVIIe siècle), à colonnes torses
  • Le buffet d'orgue Renaissance tardive (1772-1774), considéré comme l'un des plus beaux orgues classiques de France
  • Les chapelles latérales ornées de retables Renaissance et baroques
  • Les stalles sculptées (XVIIe siècle), à miséricordes
  • Le cloître dominicain voisin (XIIIe-XVe siècles, payant)
  • L'emplacement urbain : à 25 km de la grotte de la Sainte-Baume (sanctuaire de pèlerinage, gratuit, accès par sentier de randonnée 45 min)

Anecdotes & secrets

La « légende provençale » de Marie-Madeleine est l'une des plus émouvantes traditions chrétiennes du Sud de la France. Selon les Vies des saints médiévales (notamment la Légende dorée de Jacques de Voragine, vers 1265), Marie-Madeleine, sœur de Lazare, sa famille, et les saintes Maries (Marie Jacobé et Marie Salomé) furent chassées de Palestine vers 45 ap. J.-C. par les persécutions juives post-résurrection. Embarqués sur un navire sans voile ni rame, ils dérivèrent miraculeusement jusqu'aux Saintes-Maries-de-la-Mer (Camargue). Marie-Madeleine se retira ensuite dans la grotte de la Sainte-Baume où elle vécut 30 ans en ermitage, nourrie par les anges. Elle mourut à Saint-Maximinsaint Maximin, premier évêque d'Aix, l'enterra. Cette légende, historiquement non documentée, fut « officialisée » par la redécouverte des reliques en 1279 par Charles II.

Le retable d'Antoine Ronzen (1517-1520) est l'un des très rares ensembles de peinture Renaissance vénitienne subsistant en France. Antoine Ronzen (1490-vers 1540), peintre vénitien émigré en Provence vers 1510, fut disciple de Carpaccio et de Cima da Conegliano. Son style mêle palette vénitienne (rouges pourpres, bleus outremer), perspective italienne (paysages en profondeur), et influences flamandes (détails miniaturistes). Le retable de Saint-Maximin est considéré comme son chef-d'œuvre, comparable aux œuvres de Bellini ou Giorgione par la qualité picturale.

Louis XIV vint en pèlerinage à Saint-Maximin et à la grotte de la Sainte-Baume en 1660, juste après son mariage à Saint-Jean-de-Luz. Le Roi-Soleil parcourut les 25 kilomètres entre Saint-Maximin et la Sainte-Baume à pied (en signe d'humilité chrétienne) — fait stupéfiant pour un monarque connu pour son goût du luxe.

Conseils de visite

Basilique ouverte tous les jours de 9h à 12h et 14h à 18h, entrée libre. Crypte : visite libre, à voir absolument. Cloître dominicain : payant (5€). Combiner impérativement avec la visite de la grotte de la Sainte-Baume (à 25 km, gratuite, randonnée 45 min depuis l'hôtellerie), deuxième sanctuaire marial-magdaléen de Provence. Saint-Maximin accessible depuis Aix-en-Provence en voiture (40 min) ou Toulon (45 min).