À voir
Histoire
La cathédrale Saint-Trophime d'Arles est l'un des chefs-d'œuvre absolus du roman provençal, classée à l'UNESCO depuis 1981 au titre des « monuments romains et romans d'Arles ». Son portail occidental (vers 1180-1200), sculpté de plus de 80 statues, est considéré comme l'un des plus beaux portails romans français — comparable à celui de Vézelay ou Moissac.
L'édifice fut construit entre le XIIe et le XVe siècle sur les ruines d'une cathédrale paléochrétienne (Ve siècle) dédiée à saint Étienne, puis renommée Saint-Trophime en 1152 lors du transfert des reliques de saint Trophime (premier évêque d'Arles, IIIe siècle) depuis l'ancienne basilique des Alyscamps.
Le portail occidental (vers 1180-1200) déploie un programme iconographique d'une richesse stupéfiante : tympan du Jugement Dernier avec Christ en majesté entouré des symboles tétramorphes des évangélistes, statues des douze apôtres sur les piédroits, frises sculptées de scènes bibliques (Nativité, Adoration des Mages, Massacre des Innocents), piliers torses d'inspiration antique.
L'élément Renaissance se concentre dans les chapelles latérales ajoutées entre 1480 et 1560 : chapelle du Saint-Sacrement (vers 1530), chapelle des Bourbons (vers 1500-1520, commandée par le cardinal Charles de Bourbon, archevêque d'Arles), chapelle du tombeau de Trophime (XVIe siècle).
Le cloître roman et gothique (XIIe-XIVe siècles) est l'un des plus beaux cloîtres médiévaux français, mêlant les deux styles successifs.
À voir absolument
- Le portail occidental roman (vers 1180-1200), chef-d'œuvre absolu, plus de 80 statues sculptées
- Le cloître roman et gothique (XIIe-XIVe siècles), l'un des plus beaux cloîtres médiévaux français
- L'élévation romane de la nef (XIIe siècle), parmi les plus pures de Provence
- Les chapelles latérales Renaissance (1480-1560), ornées de retables XVIe
- La chapelle des Bourbons (vers 1500-1520), Renaissance précoce
- Le tombeau des Évangiles (XVIe siècle), Renaissance
- Les sarcophages paléochrétiens (IVe-Ve siècles) dans les chapelles latérales, provenant des Alyscamps
- Les tapisseries flamandes du XVIIe siècle dans le chœur
- Le buffet d'orgue classique
- L'emplacement urbain : à 100 m du théâtre antique d'Arles (UNESCO), de l'amphithéâtre (Arènes d'Arles, UNESCO), et des cryptoportiques romains
Anecdotes & secrets
Saint Trophime (vers 220-280), premier évêque d'Arles au IIIe siècle, est selon la tradition l'un des « sept apôtres des Gaules » envoyés par saint Pierre depuis Rome pour évangéliser la Gaule (les autres étant saint Denis à Paris, saint Saturnin à Toulouse, saint Martial à Limoges, saint Austremoine en Auvergne, saint Gatien à Tours, saint Paul à Narbonne). Cette tradition est historiquement contestée (les évêques apparaissent dans les sources à partir du IVe siècle), mais elle fait d'Arles l'une des cinq « capitales apostoliques » françaises. Le tombeau de Trophime dans une chapelle latérale de la cathédrale est encore objet de vénération populaire.
Les Alyscamps (« Champs Élysées » en provençal), grande nécropole paléochrétienne voisine, fut au IVe-VIIe siècle l'une des plus importantes nécropoles d'Occident. Selon la tradition, saint Trophime y bénit personnellement les premiers sépulcres et enterra les premiers martyrs d'Arles. La nécropole attira pendant 1 000 ans des pèlerins du monde entier qui voulaient se faire enterrer aux Alyscamps (les corps étaient transportés en barque depuis l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne). Les sarcophages paléochrétiens (IVe-Ve siècles) furent partiellement transférés à la cathédrale Saint-Trophime au XIIe siècle. Dante, dans la Divine Comédie(Inferno, IX, 112-115), mentionne les Alyscamps comme lieu d'inspiration pour son enfer.
Vincent van Gogh (1853-1890), peintre néerlandais, vécut à Arles entre février 1888 et mai 1889 — 15 mois prolifiques au cours desquels il peignit plus de 200 toiles, dont ses chefs-d'œuvre absolus (Tournesols, Café de nuit, Chambre à coucher, Pont de Langlois). Il s'automutila une oreille dans sa chambre du café de la place Lamartine le 23 décembre 1888 — épisode tragique qui marqua sa descente dans la folie. Il assista à plusieurs offices à la cathédrale Saint-Trophime — bien qu'agnostique, il était fasciné par l'architecture médiévale. Une plaque sur la maison jaune (détruite en 1944 par les bombardements) rappelle son séjour.
Conseils de visite
Cathédrale ouverte tous les jours de 9h à 18h, entrée libre. Cloître : visite payante (6€) — à voir absolument. Combiner avec la visite des monuments antiques UNESCO d'Arles (théâtre antique, amphithéâtre, cryptoportiques, thermes de Constantin), des Alyscamps (payant 4,50€), du musée Réattu (peinture), et de la Fondation Vincent van Gogh (collection contemporaine inspirée de van Gogh). Arles accessible depuis Paris-Gare-de-Lyon en TGV (3h45) ou Avignon en TER (20 min).




