À voir
Histoire
La basilique Saint-Eutrope de Saintes est l'un des chefs-d'œuvre absolus du roman saintongeais et étape majeure du pèlerinage de Compostelle (classée UNESCO depuis 1998 au titre des chemins de Saint-Jacques en France). Construite à partir de 1081 sous l'abbé Hugues de Cluny, elle abrite les reliques de saint Eutrope, premier évêque de Saintes au IIIe siècle, martyrisé vers 250.
L'édifice principal date du XIe-XIIe siècle (style roman saintongeais caractéristique : chapiteaux historiés, façades sculptées, voûtes en berceau). La crypte romane (XIe siècle), l'une des plus vastes de France (avec celles de Chartres et Bourges), abrite encore le sarcophage primitif de saint Eutrope et constitue l'un des plus beaux espaces souterrains du roman français.
L'élément Renaissance majeur est constitué par le chœur gothique flamboyant reconstruit entre 1480 et 1543 sous Louis XI, Charles VIII, Louis XII et François Ier. L'ancien chœur roman avait été détruit par un incendie en 1467 ; le nouveau chœur fut bâti dans un style flamboyant tardif glissant vers Renaissance : voûtes étoilées, fenestrage à remplages flamboyants, clés de voûte à médaillons à profil antique (vers 1530-1543). Le clocher Renaissance, achevé en 1496, atteint 65 mètres.
Saintes, ancienne capitale gallo-romaine de la Saintonge (Mediolanum Santonum), fut une ville majeure de l'Empire romain (amphithéâtre de 18 000 places, arc de Germanicus, thermes). Cette profondeur historique fait de la cité un haut lieu patrimonial.
À voir absolument
- La crypte romane (XIe siècle), l'une des plus vastes de France, à voir absolument
- Le sarcophage de saint Eutrope (IVe siècle, gallo-romain) dans la crypte
- Le chœur gothique flamboyant glissant vers Renaissance (1480-1543)
- Le clocher Renaissance (1496), 65 m de haut
- Les chapiteaux historiés romans de la nef et de la crypte (XIe-XIIe siècles)
- Les stalles sculptées Renaissance (XVIe siècle)
- Le maître-autel Renaissance
- Le buffet d'orgue classique
- Les vitraux des XVIe-XIXe siècles
- L'ensemble urbain : à 10 min à pied de la cathédrale Saint-Pierre de Saintes (voir fiche #9), de l'amphithéâtre gallo-romain (gratuit), de l'arc de Germanicus, et de l'abbaye aux Dames
Anecdotes & secrets
Saint Eutrope (mort vers 250), premier évêque de Saintes, est l'un des saints les plus anciens de France. Selon la tradition, il fut envoyé en Gaule par le pape Clément Ier (vers 88-99) — datation impossible historiquement, le christianisme n'arrivant à Saintes qu'au IIe-IIIe siècle. Il fut martyrisé sous Dioclétien (vers 250), décapité par la hache d'un soldat romain. Son sarcophage gallo-romain dans la crypte (IVe siècle, avant la construction de l'église) est l'une des plus anciennes reliques chrétiennes conservées en France à son emplacement d'origine. Le culte d'Eutrope se diffusa dans toute l'Europe occidentale : sa fête (30 avril) est encore célébrée à Saintes par un pardon annuel.
L'incendie de 1467 qui détruisit le chœur primitif fut accidentel : un cierge laissé allumé pendant la messe de la Saint-Jean (24 juin 1467) communiqua le feu aux draperies liturgiques. Une procession de pèlerins de Compostelle, présente ce jour-là, sauva la statue miraculeuse de saint Eutrope mais ne put empêcher la destruction du chœur. La reconstruction prit 76 ans (1467-1543) et fut financée par les dons des pèlerins et par le prieuré clunisien.
Louis XI vint en pèlerinage à Saint-Eutrope plusieurs fois entre 1461 et 1483 — saint Eutrope étant le patron des hydropiques (le roi souffrait de rétention d'eau depuis ses 30 ans, et chercha toute sa vie une guérison divine). Il y fonda plusieurs chapellenies (messes perpétuelles) et dota richement le sanctuaire. Le tombeau de Louis XI est néanmoins à Cléry-Saint-André (voir fiche #45), où il avait fait vœu d'être enterré.
Conseils de visite
Basilique ouverte tous les jours de 9h à 18h, entrée libre. Crypte : visite libre, lampe utile. Combiner avec la visite de la cathédrale Saint-Pierre de Saintes (voir fiche #9, à 1 km), de l'amphithéâtre gallo-romain (gratuit, l'un des plus anciens de Gaule, 41 ap. J.-C.), de l'arc de Germanicus, et de la vieille ville. Saintes accessible depuis Paris-Montparnasse en TGV (3h30) ou Bordeaux en TER (1h).

