HitsMap
Abbatiale de la Trinité de Vendôme — édifice religieux à Vendôme (Loir-et-Cher (41)) (41), monument historique (Classé MH)

Monument

Abbatiale de la Trinité de Vendôme

1040-1520 (campagne Renaissance flamboyante 1500-1520, sous Louis XII)·Religieux·Vendôme (Loir-et-Cher (41)) (41)·Classé MH
Abbatiale de la Trinité de Vendôme — édifice religieux à Vendôme (Loir-et-Cher (41)) (41), monument historique (Classé MH) — vue 2
Abbatiale de la Trinité de Vendôme — édifice religieux à Vendôme (Loir-et-Cher (41)) (41), monument historique (Classé MH) — vue 3

À voir

Histoire

L'abbatiale de la Trinité de Vendôme est l'un des chefs-d'œuvre absolus du gothique flamboyant terminal glissant vers la Renaissance. Sa façade occidentale, sculptée entre 1500 et 1520 sous Louis XII par le grand architecte Jean de Beauce (le même qui éleva la flèche flamboyante de la cathédrale de Chartres), est considérée comme l'un des plus exubérants morceaux d'architecture flamboyante subsistant en France — comparable à celle de la cathédrale de Sens (voir fiche #10) et de Beauvais (voir fiche #4).

L'abbaye fut fondée en 1032 par Geoffroy Martel, comte d'Anjou et de Vendôme, et son épouse Agnès de Bourgogne. La construction de l'abbatiale primitive (roman tardif) commença en 1040 et fut achevée vers 1200. Mais le grand chantier de la façade Renaissance flamboyante fut entrepris en 1500-1520 par Jean de Beauce, à la demande de l'abbé Guillaume de Crémilles.

La façade déploie un programme architectural et sculpté d'une virtuosité technique stupéfiante : rose flamboyante monumentale, galerie d'arcatures à pinacles ouvragés, statues dans des niches à dais, flèches et gâbles sculptés. Bien que purement flamboyante (pas encore Renaissance pleinement assumée), elle annonce déjà la modernité par certains détails — médaillons à profil antique, rinceaux d'acanthes naissants.

Le clocher roman (vers 1130-1140), séparé de l'église (comme à Beauvais, Bordeaux ou Vannes), atteint 80 mètres et est l'un des plus beaux clochers romans de France.

À voir absolument

  • La façade occidentale flamboyante (1500-1520) de Jean de Beauce, chef-d'œuvre absolu du gothique terminal
  • La rose flamboyante monumentale, à compartiments rayonnants
  • Les statues dans les niches à dais ouvragés
  • Le clocher roman isolé (vers 1130-1140), 80 m de haut
  • Le chœur gothique-Renaissance (XIVe-XVIe siècle), à voûtes étoilées
  • Les vitraux Renaissance (XVIe siècle), partiellement conservés
  • Les stalles sculptées Renaissance (vers 1520-1540), à miséricordes
  • Le « Saint-Larme » : relique vénérée depuis le Moyen Âge — petite goutte de larme du Christ recueillie dans une fiole, ramenée des croisades par Geoffroy Martel
  • Le trésor (visite payante)
  • L'ensemble urbain : Vendôme, « petite Venise du Loir-et-Cher », ville à canaux

Anecdotes & secrets

Jean de Beauce (mort vers 1529), architecte chartrain, est l'un des plus grands maîtres maçons de la fin du gothique flamboyant français. Né à Beauce (d'où son nom), il fit son apprentissage à Chartres où il participa à la reconstruction de la flèche nord de la cathédrale (1505-1514, « le Clocher Neuf », 115 mètres, l'un des chefs-d'œuvre absolus du flamboyant français). Il dirigea ensuite plusieurs chantiers : abbatiale de Vendôme (1500-1520), cathédrale du Mans (interventions), église Notre-Dame de Beaugency. Son style se distingue par une virtuosité technique stupéfiante — pierre sculptée en dentelle, pinacles vertigineux, statuaire raffinée — et une transition consciente vers les premiers éléments Renaissance.

Le « Saint-Larme » de Vendôme est l'une des plus singulières reliques subsistant en France : une petite fiole de cristal contenant prétendument une goutte de larme du Christ, recueillie par les anges pendant la Résurrection de Lazare et conservée par les moines de Constantinople jusqu'aux croisades. Geoffroy Martel, comte de Vendôme, l'aurait rapportée de la première croisade vers 1100. La relique fut objet d'un pèlerinage majeur au Moyen Âge (notamment pour la guérison des maladies des yeux). À la Révolution, elle fut cachée par les moines dans une ferme voisine et redécouverte en 1803. Elle est encore vénérée aujourd'hui dans le chœur de l'abbatiale.

L'abbaye de la Trinité fut siège d'une école monastique majeure au XIIe siècle, où enseigna le célèbre Geoffroi de Vendôme (vers 1070-1132), abbé entre 1093 et 1132, théologien et cardinal, ami d'Anselme de Cantorbéry et de Saint Bernard. Geoffroi correspondit avec les papes Urbain II, Pascal II, Gélase II, Calixte II, Honorius II — soit cinq papes successifs. Son traité contre les laïcs dénonçait l'investiture des évêques par les princes — débat majeur de la querelle des Investitures. Sa bibliothèque comptait plus de 200 manuscrits, exceptionnel pour l'époque.

Conseils de visite

Abbatiale ouverte tous les jours de 9h à 19h en été (9h-18h hors saison), entrée libre. Trésor : visite payante (5€). Combiner avec la visite du château de Vendôme (ruines, gratuit), du musée municipal (gratuit le 1er dimanche), et de la vieille ville sur les canaux du Loir (« petite Venise »). Vendôme accessible depuis Paris-Montparnasse en TGV (45 min).

Pour aller plus loin