HitsMap
Abbaye de la Trinité de Vendôme — édifice religieux à Vendôme (41), monument historique (Classé MH)

Monument

Abbaye de la Trinité de Vendôme

XIe s. (fondation) — façade et cloître Renaissance XVe-XVIe s.·Religieux·Vendôme (41)·Classé MH

Contes, légendes & anecdotes

La larme de saint Martin de Vendôme — censée être une larme versée par le Christ sur le tombeau de Lazare — était conservée dans un reliquaire d'or à l'abbaye de la Trinité. Cette relique, l'une des plus singulières du Moyen Âge (une larme divine conservée depuis deux mille ans), attirait des foules immenses. François Ier vint en pèlerinage à Vendôme avant sa campagne d'Italie de 1515. Il pria devant la larme, demandant la victoire. Il obtint Marignan. Reconnaissant, il fit des dons importants à l'abbaye — peut-être ces dons financèrent-ils certains travaux Renaissance.

Histoire

L'abbaye de la Trinité de Vendôme, fondée en 1032 par Geoffroy Martel, comte d'Anjou, est l'une des grandes abbayes bénédictines de la Loire — sa façade gothique flamboyante (v.1480-1507) est considérée comme l'une des plus belles façades gothiques tardives de France. Elle se distingue par l'extrême richesse de son décor sculpté : trois portails superposés à gâbles, pinacles, sculptures de personnages, remplages flamboyants d'une finesse exceptionnelle. Mais l'abbatiale conserve également des éléments Renaissance dans ses chapelles latérales et dans certains éléments de son mobilier liturgique du XVIe siècle. La larme de saint Martin — une larme du Christ apportée par Marie-Madeleine selon la tradition — était la relique principale qui attirait les pèlerins. L'abbaye connut une période de prospérité extraordinaire grâce à ce pèlerinage.

À voir

Récit incarné

Vendôme, Loir-et-Cher. La ville sur le Loir — ses bras multiples, ses îles, ses moulins. Et au-dessus de la ville, l'abbaye de la Trinité — sa façade flamboyante qui domine le coteau.

La façade est une dentelle de pierre. Trois niveaux de portails superposés, chaque centimètre couvert de sculptures — personnages dans des niches, pinacles à crochets, remplages flamboyants. Le calcaire de la Beauce, blanc-crème dans la lumière du Val de Loire.

Entrez dans l'abbatiale. La nef gothique, haute et claire. Dans les chapelles latérales, les détails Renaissance — les pilastres, les médaillons, les retables du XVIe siècle. Les abbés qui modernisèrent les chapelles après avoir conservé la façade flamboyante — le gothique pour la tradition, la Renaissance pour le prestige.

Lecture architecturale

La façade de l'abbatiale de Vendôme (v.1480-1507) est en calcaire de Beauce (calcaire blanc-crème à grain fin). Elle présente trois niveaux de composition : portail flamboyant au rez-de-chaussée, grande fenêtre à remplages flamboyants, rose supérieure. Les chapelles latérales (XVIe siècle) présentent des éléments Renaissance.

Symboles à observer

1. La façade flamboyante : l'extravagance gothique dans ses derniers feux. Comptez les pinacles, les gâbles, les crochets.

2. Les chapelles Renaissance : à l'intérieur, cherchez les chapelles latérales du XVIe siècle — leurs pilastres contrastent avec les piliers gothiques de la nef.

3. Le clocher roman : la tour romane qui subsiste à gauche de la façade — du XIe siècle, bien plus ancienne que la façade flamboyante.

4. Le château de Vendôme : visible depuis le parvis de l'abbaye, le château médiéval sur son éperon. Le temporel et le spirituel dans le même paysage.

Contexte historique dense

Vendôme au XVIe siècle était une ville ducale — le duché de Vendôme appartenait à la maison de Bourbon-Vendôme, dont le plus célèbre membre fut Henri IV (roi de France 1589-1610). Les abbés de la Trinité de Vendôme étaient liés à cette maison ducale qui finança partiellement les travaux de modernisation.

Pour aller plus loin

  • Château de Vendôme — les ruines médiévales sur l'éperon rocheux.
  • Lavardin (41, 10 km) — le château médiéval et l'église aux fresques romanes.
  • Blois (41, 30 km) — le château royal et l'hôtel d'Alluye.

Pour aller plus loin

Œuvre Renaissance associée
Noe noe psallite noe
Jean Mouton · c.1500–1520

L'abbaye de la Trinité de Vendôme était liée à la maison de Bourbon-Vendôme dont François Ier était proche. Jean Mouton, maître de chapelle de François Ier, compose des motets de fête sacrée comme Noë noë qui convenaient aux grandes cérémonies abbatiales. Contemporain de la façade flamboyante (1480-1507).

Lire l'explication complète de l'œuvre →