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Vanitas (ou Nature morte aux symboles de la Vanité)

Peinture

Vanitas (ou Nature morte aux symboles de la Vanité)

Pieter Claesz (Berchem, v. 1597–Haarlem, 1660)

Devant l'œuvre

Le musée des Beaux-Arts de Strasbourg possède l'une des collections de natures mortes européennes les plus remarquables de France — trophées de chasse, bouquets, reliefs de repas, assemblages d'insectes et Vanités, par Kalf, Huysum, Heda, Kessel, Bonnecroy, Linard, Chardin. Cette Vanitas de Pieter Claesz est un chef-d'œuvre du genre : des objets de la vie quotidienne — crâne humain, sablier, verre renversé, chandelle éteinte, montre ouverte — disposés sur une table dans une lumière latérale qui dit le temps qui passe et la mort qui vient. C'est la philosophie de la finitude en objets quotidiens.

Symbolisme & lecture iconographique

Chaque objet dans une Vanitas a sa signification symbolique : le crâne (la mort), le sablier (le temps qui s'écoule), la montre ouverte (les heures comptées), la chandelle éteinte (la vie qui s'est éteinte), le verre renversé (le vin de la vie répandu). Ces objets forment un langage visuel codé que les acheteurs hollandais du XVIIe siècle connaissaient parfaitement.

Analyse des émotions

Une Vanitas de Claesz crée un malaise silencieux — ces objets familiers (une montre, une chandelle, un verre) disposés avec le crâne humain disent : vous êtes cela aussi, vous aussi vous serez cette bougie éteinte, ce verre renversé. La philosophie de la mort habille les objets du quotidien d'une signification funèbre.

Secrets & mystères

Pieter Claesz et Willem Claesz Heda, tous deux peintres de Haarlem au XVIIe siècle, sont les inventeurs du 'ontbijt' (tableau de petit déjeuner) et de la Vanitas 'monochrome' — des natures mortes à la palette délibérément réduite, presque grise ou dorée, qui disent la fugacité de la beauté par la sobriété coloristique elle-même. Cette esthétique de la retenue contraste délibérément avec l'abondance coloristique des natures mortes flamandes (Snyders, Rubens).

Le saviez-vous ?

La nature morte comme genre pictural indépendant est une invention du XVIIe siècle hollandais et flamand — avant cette époque, les objets du quotidien n'apparaissaient que comme détails dans des tableaux religieux ou mythologiques. La natures morte hollandaise du XVIIe siècle est une révolution dans la hiérarchie des genres picturaux : elle dit que les choses du quotidien valent d'être peintes pour elles-mêmes, sans justification théologique ou mythologique.