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Peinture

Triptyque de l'école d'Avignon

Anonyme de l'école d'Avignon (v. 1430–1480)

Milieu du XVe siècle·Musée des Beaux-Arts d'Angers

Devant l'œuvre

Ce triptyque est l'une des pièces médiévales les plus précieuses du musée — un exemple de l'école d'Avignon, l'une des grandes traditions picturales françaises du XVe siècle. Avignon, siège de la papauté de 1309 à 1377, fut pendant deux siècles un foyer artistique exceptionnel — la présence des papes y attira des artistes italiens (Simone Martini, Matteo Giovannetti) qui influencèrent les peintres locaux. L'école d'Avignon développa un style particulier — la rigueur italienne mêlée à la sensibilité nordique — dont le chef-d'œuvre absolu est la Pietà d'Avignon (Louvre, v. 1455). Ce triptyque dit cette tradition.

Symbolisme & lecture iconographique

Le triptyque dit la Trinité par sa structure — trois en un, unité dans la diversité. Cette structure formelle encode la théologie catholique dans la forme même de l'objet, pas seulement dans son contenu.

Analyse des émotions

Un triptyque médiéval dit la prière — chaque panneau était destiné à un moment liturgique précis, le diptyque ou triptyque se fermait comme un livre sacré entre les offices. Ouvrir ce triptyque, c'est rouvrir un dialogue interrompu depuis cinq siècles.

Secrets & mystères

Turpin de Crissé, qui légua ce triptyque en 1859, était un peintre-collectionneur angevine de la Restauration — l'un des premiers collectionneurs français à s'intéresser aux 'Primitifs' (les peintres avant Raphaël) dans un mouvement romantique de réhabilitation de l'art médiéval qui précéda les Préraphaélites anglais. Sa collection reflète les goûts éclectiques de la Restauration — antiquités, Primitifs, Ingres — en un moment où ces objets très différents pouvaient coexister dans la même sensibilité.

Le saviez-vous ?

La Pietà d'Avignon (Louvre), considérée comme le chef-d'œuvre de l'école d'Avignon, fut longtemps attribuée à Enguerrand Quarton — mais cette attribution est elle aussi débattue. L'anonymat de l'art médiéval et de la Renaissance française dit quelque chose sur la façon dont les artistes se pensaient eux-mêmes : comme exécutants d'une vision divine plutôt que comme créateurs individuels.