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Portrait de François-Xavier Fabre

Peinture

Portrait de François-Xavier Fabre

Jacques-Louis David (Paris, 1748–Bruxelles, 1825)

v. 1800·Musée Fabre
Faire le puzzle de l'œuvre

Devant l'œuvre

Jacques-Louis David — le peintre officiel de Napoléon, l'inventeur du néo-classicisme français — peignit ce portrait de son élève et ami François-Xavier Fabre (1766–1837), le fondateur du musée. Fabre avait été l'élève de David à Paris, avait remporté le Prix de Rome en 1787, et avait vécu ensuite trente ans à Florence où il devint l'ami et le compagnon de vie de la comtesse d'Albany (veuve du prétendant Stuart et ancienne maîtresse d'Alfieri). Ce portrait de David dit la filiation artistique entre le maître et l'élève — et l'amitié qui les unit.

Symbolisme & lecture iconographique

Fabre élève de David, Bazille élève de Gleyre (lui-même formé dans la tradition néo-classique), Courbet autodidacte — le musée Fabre dit par ses collections l'histoire de la peinture française de 1780 à 1870 comme une succession de ruptures et de transmissions entre maîtres et élèves.

Analyse des émotions

Le portrait de Fabre par David est le portrait de la réussite intellectuelle bourgeoise — un peintre provincial devenu personnage européen, ami des grands de l'époque, fondateur d'une institution. David représente son élève avec toute la dignité néo-classique qui convient à un homme de sa stature.

Secrets & mystères

François-Xavier Fabre était à Florence quand il constitua sa collection — il acheta des peintures italiennes et françaises pendant trente ans, avec l'aide de la comtesse d'Albany. Quand il rentra à Montpellier en 1825, il offrit sa collection à sa ville natale — et on lui demanda de diriger le musée qu'il venait de créer avec ses dons. Fabre fut ainsi le premier directeur du musée qui porte aujourd'hui son nom. Cette circonstance unique — le fondateur qui offre sa collection et dirige l'institution — dit l'articulation parfaite entre la générosité privée et le service public.

Le saviez-vous ?

La comtesse d'Albany (1752–1824), la grande amie de Fabre à Florence, était la veuve de Charles-Édouard Stuart (le 'Bonnie Prince Charlie', prétendant au trône d'Angleterre) et l'ancienne maîtresse du poète Vittorio Alfieri. Après la mort d'Alfieri (1803), elle et Fabre vécurent ensemble à Florence jusqu'à sa mort en 1824. Elle lui légua une partie de ses collections — Alfieri, portraits, livres — que Fabre inclut dans le don à Montpellier. Le musée Fabre abrite donc aussi des souvenirs des Stuart et d'Alfieri.

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