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Le Mythe de Prométhée

Peinture

Le Mythe de Prométhée

Piero di Cosimo (Florence, 1461–1521)

Devant l'œuvre

Piero di Cosimo est l'un des peintres florentins les plus singuliers et les plus attachants de la Renaissance — un être asocial, misanthrope, qui vivait seul dans son atelier entouré d'animaux et refusait de cuire ses aliments (il mangeait des œufs durs qu'il cuisait en même temps que sa colle à bois). Vasari lui consacra une biographie pleine d'affection et d'amusement. Ses tableaux mythologiques ont une qualité d'étrangeté particulière — des paysages à demi-primitifs, des animaux fabuleux, des hommes entre la nature sauvage et la civilisation. Ce Mythe de Prométhée raconte la création de l'homme par Prométhée, qui modela les corps humains avec de l'argile et leur donna le feu volé aux dieux.

Symbolisme & lecture iconographique

Prométhée — qui vola le feu aux dieux pour le donner aux hommes et fut puni par Zeus — est la figure fondatrice de la technique humaine et de la rébellion contre les dieux. Son mythe dit l'ambivalence de la civilisation : le feu permet la cuisson, l'artisanat, la guerre — et la punition de ceux qui défient l'ordre divin. Piero di Cosimo représente ce mythe avec une fascination pour le moment de transition entre animalité et humanité.

Analyse des émotions

Le Mythe de Prométhée de Piero di Cosimo a une qualité d'espace primitif et mythique qui touche à quelque chose de profond — les origines de l'humanité, le moment de transition entre la nature brute et la civilisation. Ces paysages ont un air de commencement du monde.

Secrets & mystères

Piero di Cosimo est l'un des peintres les moins connus du grand public et les plus aimés des historiens de l'art. Sa biographie par Vasari dit un homme excentrique et libre — il refusait de tailler les arbres de son jardin 'parce que la nature était plus sage que lui', détestait les coups de tonnerre et se cachait sous son lit pendant les orages, refusait de se faire couper les cheveux et les ongles. Ces anecdotes, vraies ou non, disent quelque chose sur la façon dont les artistes de la Renaissance commençaient à revendiquer une différence constitutive avec le reste de l'humanité.

Le saviez-vous ?

Giorgio Vasari, dans ses Vies des artistes, décrit Piero di Cosimo comme l'un des personnages les plus extravagants de Florence. Vasari l'appelle 'fantastique, bizarre et mélancolique au-delà de tout' et dit que 's'il avait pu, il aurait vécu comme une bête sauvage'. Cette caractérisation de l'artiste comme être à part, différent des hommes ordinaires, est une étape dans la construction de la figure romantique de l'artiste-génie qui dominera le XIXe siècle.