Les faïences Abaquesne : quand la Renaissance entre dans les maisons
Rouen révèle une autre facette essentielle de la Renaissance : la diffusion du goût.
Avec Masséot Abaquesne, la faïence devient spectaculaire. Motifs antiques, grotesques italiens, couleurs éclatantes : les objets du quotidien se transforment en œuvres savantes.
Ces pièces racontent un moment clé : la Renaissance quitte progressivement les palais pour pénétrer la ville, les hôtels particuliers et les demeures bourgeoises.
Spécialité Renaissance
Faïences Renaissance (Masséot Abaquesne, Bernard Palissy), céramiques du XVIe s.
Description
Le Musée de la Céramique de Rouen possède l'une des plus importantes collections de faïences et céramiques du XVIe siècle. Masséot Abaquesne (actif 1526-1564), maître faïencier rouennais, créa pour Anne de Montmorency à Écouen des carrelages de faïence polychrome qui révolutionnèrent les arts décoratifs français. Le musée conserve plusieurs ensembles de sa production ainsi que des faïences de Bernard Palissy.
À voir
Quand la Renaissance entre dans les maisons
Rouen révèle une facette essentielle de la Renaissance : la diffusion du goût. Avec le faïencier Masséot Abaquesne, la céramique devient spectaculaire — motifs antiques, grotesques italiens, couleurs éclatantes. Les objets du quotidien se transforment en œuvres savantes : la Renaissance quitte les palais pour pénétrer les hôtels particuliers et les demeures des élites urbaines.
Le premier grand faïencier français
Actif à Rouen au milieu du XVIe siècle, Masséot Abaquesne fut l'un des pionniers de la faïence en France : pavements, carreaux, vases ornés à l'italienne. Le musée conserve ses créations aux côtés d'autres trésors du XVIe siècle, dont l'esprit des « rustiques figulines » de Bernard Palissy.
Un musée dans un hôtel Renaissance
Installé dans l'hôtel d'Hocqueville, le musée fait dialoguer les céramiques avec leur cadre : une belle demeure où l'on imagine ces objets précieux à leur vraie place, dans le décor d'une élite raffinée.
Pourquoi le visiter
Parce qu'il raconte une révolution discrète : celle du goût, quand l'ornement Renaissance descend du tableau et de la sculpture jusqu'à l'assiette, le carreau et le vase — et transforme la vie même.
Histoire
Rouen, capitale de la Normandie et grand port marchand, fut au XVIe siècle une ville riche et ouverte aux nouveautés italiennes. C'est là que Masséot Abaquesne installa, vers 1530-1540, l'un des premiers grands ateliers de faïence de France, produisant carreaux et pièces d'apparat pour les élites, dont le connétable de Montmorency à Écouen. Le musée de la Céramique, aménagé dans l'hôtel d'Hocqueville, conserve ce patrimoine ainsi que l'histoire ultérieure de la faïence rouennaise, célèbre aux siècles suivants.
Contes, légendes & anecdotes
On associe souvent la faïence Renaissance à l'Italie ; mais c'est en Normandie, à Rouen, que la France se dota de son premier grand faïencier, Masséot Abaquesne. Ses carreaux ornèrent notamment le château d'Écouen, la demeure du connétable de Montmorency : ainsi, le sol même sur lequel marchaient les plus grands seigneurs de la Renaissance sortait des ateliers rouennais. La preuve que le luxe du XVIe siècle se jouait aussi, littéralement, sous les pieds.
Collections phares
- Faïences de Masséot Abaquesne (1526-1564)
- Carrelages Renaissance pour le château d'Écouen
- Céramiques de Bernard Palissy
- Faïences normandes des XVIe-XVIIe siècles
- Collections de majoliques italiennes





