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Hôtel de Ville de Mulhouse — architecture civile à Mulhouse (68), monument historique (Classé MH)

Monument

Hôtel de Ville de Mulhouse

1552·Architecture civile·Mulhouse (68)·Classé MH

Contes, légendes & anecdotes

Les peintures murales de la façade de l'hôtel de ville de Mulhouse sont des reproductions du XXe siècle — les originaux de 1552 ont disparu progressivement sous les intempéries alsaciennes. Plusieurs campagnes de restauration et de reproduction ont été conduites au XIXe et XXe siècles. La question se pose donc : est-ce encore le monument de 1552, ou une reconstitution historique peinte ? Mulhouse a choisi de maintenir la tradition de la façade peinte — chaque restauration reproduit fidèlement les iconographies connues par les documents d'archives. La façade est fausse dans sa matière mais vraie dans son programme iconographique. La beauté reconstruite vaut-elle l'originale ?

Histoire

L'hôtel de ville de Mulhouse, construit en 1552, est l'un des monuments civils Renaissance les plus remarquables d'Alsace et l'un des rares exemples de peintures murales extérieures médiévales-Renaissance encore visibles en France. Sa façade principale est entièrement couverte de peintures en trompe-l'œil représentant des personnages en pied, des attributs allégoriques, des motifs architecturaux fictifs — un programme iconographique d'une ampleur et d'une sophistication exceptionnelles pour un édifice municipal. Mulhouse au XVIe siècle était une ville libre impériale alliée aux cantons suisses — elle avait rejoint la Confédération helvétique en 1515 et ne fut rattachée à la France qu'en 1798 (pendant la Révolution). Son hôtel de ville, avec ses peintures Renaissance, est l'expression de l'identité culturelle hybride de cette ville alsacienne-suisse.

À voir

Récit incarné

Mulhouse, Haut-Rhin. La ville industrielle alsacienne — ses musées de l'automobile, du chemin de fer, du textile. Et au cœur de la vieille ville, l'hôtel de ville peint — sa façade couverte de personnages en trompe-l'œil qui regardent la place depuis 1552.

La façade de l'hôtel de ville de Mulhouse est unique en France. Pas de pilastres ni de colonnes — des peintures. Des personnages en pied dans des niches fictives, des draperies peintes, des attributs allégoriques. La Renaissance qui se représente elle-même en couleurs sur la façade d'un bâtiment public.

Mulhouse en 1552 était une ville libre — alliée aux Suisses, pas encore française. Ses bourgeois construisaient une maison commune qui disait leur indépendance et leur culture. La façade peinte, typique des villes de l'espace germanique et suisse, affirmait cette appartenance culturelle — ni tout à fait alsacienne, ni tout à fait française, mais résolument alémanique.

Lecture architecturale

L'hôtel de ville de Mulhouse est un bâtiment à deux étages en grès rouge des Vosges, dont la façade principale est entièrement couverte de peintures en trompe-l'œil. Les personnages peints représentent des allégories, des figures allégoriques et des motifs architecturaux fictifs qui simulent une façade sculptée plus complexe que celle existant réellement.

Symboles à observer

1. Les personnages peints : identifiez les allégories — la Justice (balance), la Prudence (miroir), la Force (lion ou colonne). Ces figures cardinales sont les vertus du bon gouvernement municipal.

2. Les trompe-l'œil architecturaux : cherchez les fenêtres, colonnes et niches fictives peintes sur la façade. La peinture simule une architecture plus riche que la réalité.

3. L'emblème de Mulhouse : la roue de moulin — mullen signifie 'moulin' en alémanique. La ville porte son outil dans son nom et dans ses armes.

4. Le beffroi : la tour attenante qui abrite le carillon municipal. La cloche de la ville libre sonnait l'indépendance.

Anecdote mémorable

Mulhouse, ville libre alliée aux Suisses depuis 1515, fut rattachée à la France par décision de sa population le 28 janvier 1798 — pendant la Révolution. C'est l'une des rares annexions françaises votées démocratiquement. La ville avait décidé de rejoindre la République française plutôt que de rester dans l'espace germanique en pleine transformation. L'hôtel de ville peint où siégeait le Conseil municipal avait accueilli ce vote historique.

Contexte historique dense

Mulhouse au XVIe siècle était une ville à part en Alsace — non pas de l'Empire directement, mais alliée aux Suisses depuis 1515. Sa culture était alémanique (langue, architecture, pratiques), sa religion devint réformée en 1523 (parmi les premières villes à adopter la Réforme). Son hôtel de ville (1552) fut construit dans une ville protestante et suisse — d'où l'absence de programme religieux dans les peintures, au profit d'un programme civique et humaniste.

Échos artistiques

Musique : Choral de Luther(Martin Luther, 1529) —Ein feste Burg ist unser Gott — l'hymne de la Réforme protestante dont Mulhouse adoptait les principes en 1523. Peinture : la façade peinte elle-même — la plus grande peinture murale Renaissance d'Alsace. Architecture : l'hôtel de ville de Bâle (Suisse, 1504-1514) — le modèle suisse de la façade peinte.

Pour aller plus loin

  • Cité de l'Automobile (Mulhouse) — la plus grande collection d'automobiles au monde.
  • Musée du Papier Peint (Rixheim, 68, 8 km) — l'histoire du papier peint depuis le XVIIIe siècle.
  • Colmar (68, 25 km) — le retable d'Issenheim et le Vieux-Colmar.

Pour aller plus loin

Œuvre Renaissance associée
Branle de Bourgogne
Thoinot Arbeau · c.1529–1589

Hôtel de Ville de Mulhouse (1552), ville alsacienne alliée aux Suisses : Arbeau documente les danses rhénanes et bourguignonnes dans l'Orchésographie. Le branle de Bourgogne, danse des villes de l'espace rhénan (entre France, Suisse et Empire), convient à cette ville alémanique de la façade peinte.

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