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Église Notre-Dame du Vieux-Pouzauges — édifice religieux à Pouzauges (Vendée (85)) (85), monument historique (Classé MH)

Monument

Église Notre-Dame du Vieux-Pouzauges

XIe-XIIe siècle (fresques XVe-XVIe siècles)·Religieux·Pouzauges (Vendée (85)) (85)·Classé MH

À voir

Histoire

L'église Notre-Dame du Vieux-Pouzauges, modeste église romane rurale du bocage vendéen, est l'un des plus extraordinaires édifices religieux du Sud-Ouest de la France — non pour son architecture (relativement simple) mais pour son exceptionnel cycle de fresques médiévales et Renaissance redécouvert en 1948.

L'édifice fut construit principalement aux XIe-XIIe siècles dans un style roman poitevin-vendéen typique : nef à voûtes en berceau, chœur à abside semi-circulaire, clocher central roman. Il fut agrandi aux XVe-XVIe siècles par l'ajout de chapelles latérales et de fenêtres gothiques.

L'élément exceptionnel de Pouzauges est constitué par son cycle de fresques datant des XVe-XVIe siècles (vers 1480-1540), redécouvert en 1948 sous des couches de chaux posées aux XVIIe-XVIIIe siècles pour cacher les peintures (les fresques médiévales étant considérées comme « papistes » par les huguenots, puis « superstitieuses » par les rationalistes Lumières).

Le cycle complet déploie un programme iconographique d'une richesse stupéfiante sur les murs et les voûtes : Vie de la Vierge (Annonciation, Visitation, Nativité, Adoration des Mages, Présentation au Temple), Vie du Christ (Cène, Trahison, Crucifixion, Résurrection), Vies des saints (sainte Anne, sainte Marie-Madeleine, saint Michel, saint Christophe), scènes profanes (Jugement Dernier, danse macabre, signes du zodiaque). Plus de 200 m² de fresques subsistent — l'un des plus complets ensembles subsistant en France pour une église rurale.

Pouzauges fut au Moyen Âge fief du célèbre Gilles de Rais (1404-1440), maréchal de France compagnon de Jeanne d'Arc, devenu serial killer d'enfants — l'un des plus sombres personnages de l'histoire médiévale.

À voir absolument

  • Le cycle de fresques médiévales et Renaissance (1480-1540), redécouvert en 1948 — chef-d'œuvre absolu
  • Les scènes de la Vie de la Vierge sur les voûtes
  • Les scènes de la Vie du Christ sur les murs nord
  • Les « Saintes vendéennes » (sainte Radegonde, sainte Hilaire) sur les murs sud
  • La « Danse macabre » de la chapelle nord (XVIe siècle)
  • Les signes du zodiaque sur la voûte du chœur
  • L'élévation romane de la nef (XIe-XIIe siècles)
  • Le clocher roman central
  • Le buffet d'orgue classique
  • L'emplacement : dans le Vieux-Pouzauges, hameau historique perché sur une butte vendéenne
  • Le donjon des Sires de Pouzauges voisin (XIIIe siècle, gratuit pour extérieurs), ancien fief de Gilles de Rais

Anecdotes & secrets

Gilles de Rais (1404-1440), baron de Pouzauges, maréchal de France à 25 ans (1429), compagnon de Jeanne d'Arc lors de la campagne de la Loire (libération d'Orléans 1429), est l'un des plus sombres personnages de l'histoire médiévale française. Riche héritier (l'un des hommes les plus fortunés de France au XVe siècle), cultivé et raffiné (mécène du théâtre médiéval, ses pièces étaient jouées à Pouzauges, Tiffauges, Champtocé), il « dévia » progressivement après la mort de Jeanne d'Arc (1431). À partir de 1432, il enleva, viola et assassina des centaines d'enfants (chiffres incertains : 80 à 800 victimes selon les sources) dans ses châteaux de Pouzauges, Tiffauges, Champtocé, Machecoul. Découvert en 1440, jugé à Nantes, il fut pendu et brûlé le 26 octobre 1440. Son personnage inspira la figure de « Barbe-Bleue » dans le conte de Charles Perrault (1697). Le château de Pouzauges voisin (extérieurs gratuits) reste lié à sa mémoire sinistre.

La « redécouverte des fresques » en 1948 fut fortuite : lors de travaux de restauration demandés par le curé de Pouzauges (qui voulait simplement repeindre les murs blancs), les ouvriers grattèrent les vieilles couches de chaux et virent apparaître des couleurs vives sous-jacentes. L'inspection révéla rapidement l'existence d'un cycle médiéval complet dissimulé pendant 300 ans. Les fresques furent dégagées entre 1948 et 1962 par les restaurateurs des Monuments Historiques, sous la direction de Pierre Schommer. La technique de dégagement (acide doux, brosses fines, dégagements millimétriques) préserva la polychromie d'origine dans une qualité stupéfiante.

Pouzauges fut au cœur des guerres de Vendée (1793-1796) : bastion royaliste de la Petite Vendée, la cité fut plusieurs fois pillée et incendiée par les « colonnes infernales » de Turreau en 1794. L'église Notre-Dame fut partiellement endommagée mais survécut — les fresques médiévales, déjà cachées sous la chaux, ne furent pas dégradées par cette violence révolutionnaire.

Conseils de visite

Église ouverte tous les jours de 9h à 18h, entrée libre. Visites guidées des fresques gratuites le samedi à 15h en saison. Combiner avec la visite du donjon des Sires de Pouzauges voisin (gratuit pour extérieurs, lié à Gilles de Rais), du moulin de Terrier-Marteau (gratuit), et du bocage vendéen environnant. Pouzauges accessible depuis La Roche-sur-Yon en voiture (45 min) ou Nantes (1h15).