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Cathédrale Sainte-Cécile d'Albi — édifice religieux à Albi (Tarn (81)) (81), monument historique (Classé MH)

Monument

Cathédrale Sainte-Cécile d'Albi

1282-1492 (édifice gothique-forteresse) ; jubé 1474-1484, peintures Renaissance 1509-1512·Religieux·Albi (Tarn (81)) (81)·Classé MH
Cathédrale Sainte-Cécile d'Albi — édifice religieux à Albi (Tarn (81)) (81), monument historique (Classé MH) — vue 2

À voir

Histoire

La cathédrale Sainte-Cécile d'Albi est l'un des chefs-d'œuvre absolus de l'architecture religieuse mondiale — classée à l'UNESCO depuis 2010 au titre de la cité épiscopale d'Albi. Sa silhouette unique au monde — vaisseau de 113 mètres de long, 78 mètres de haut au clocher, murs de brique foraine de 6 mètres d'épaisseur — en fait la plus grande cathédrale en brique au monde et la dernière des grandes cathédrales-forteresses.

L'édifice fut construit entre 1282 et 1492 comme réponse architecturale à l'hérésie cathare : Albi avait été l'un des centres du catharisme au XIIIe siècle, et la croisade des Albigeois (1209-1229) y avait fait des dizaines de milliers de morts. L'évêque Bernard de Castanet (1276-1308), commandeur de la reconquête catholique, fit construire une cathédrale-forteresse pour réaffirmer la suprématie catholique par l'imposition visuelle d'une architecture militaire et religieuse mêlée — la cathédrale ressemble plus à un château fort qu'à une église.

L'élément Renaissance majeur est constitué par deux ensembles exceptionnels : le jubé en pierre sculptée (1474-1484, encore gothique flamboyant tardif mais annonçant la Renaissance) et les peintures Renaissance italienne du plafond (1509-1512), réalisées par des peintres italiens appelés depuis Bolognedeuxième plus grande surface de peintures Renaissance italienne hors d'Italie après la chapelle Sixtine.

Le plafond peint (1509-1512), commandé par Louis II d'Amboise (évêque d'Albi 1474-1503), couvre 18 500 m² et représente la plus vaste fresque Renaissance d'Europe hors d'Italie.

À voir absolument

  • Les peintures Renaissance italienne du plafond (1509-1512), 18 500 m², la plus vaste fresque Renaissance hors d'Italie
  • Le jubé en pierre sculptée (1474-1484), gothique flamboyant tardif chef-d'œuvre
  • L'élévation gothique du Sud unique au monde, vaisseau de 113 m
  • Le clocher de 78 m, donjon-tour de la cathédrale-forteresse
  • Le « Jugement Dernier » (vers 1474-1480), gigantesque fresque murale gothique-Renaissance (15 m × 18 m)
  • Les stalles sculptées du chœur (1475-1484), Renaissance précoce
  • Le portail Dominique de Florence (1392-1397), gothique méridional
  • Le trésor dans la chapelle Saint-Clair (visite payante)
  • L'ensemble urbain : la cité épiscopale d'Albi classée UNESCO — palais de la Berbie (musée Toulouse-Lautrec), pont vieux, cathédrale
  • Le musée Toulouse-Lautrec voisin (palais de la Berbie, payant 12€, collection unique au monde de l'enfant albigeois)

Anecdotes & secrets

Les peintures Renaissance italienne du plafond (1509-1512) sont l'un des phénomènes artistiques les plus stupéfiants de la Renaissance française. Louis II d'Amboise, évêque d'Albi, engagea une équipe de 12 peintres italiens venus de Bologne (Lombardie) pour peindre directement à la fresque sur les voûtes gothiques existantes. Le programme iconographique, conçu par les théologiens albigeois sous l'influence des humanistes florentins, déploie : Christ Pantocrator central, scènes de la Genèse (Création, Chute, Cain), anges musiciens, prophètes, sibylles (figures païennes intégrées à la théologie chrétienne, influence néoplatonicienne florentine). Les couleurs — particulièrement les bleus outremer (lapis-lazuli) et les rouges vermillon — sont d'une intensité rarement égalée. C'est la plus vaste fresque Renaissance subsistant en Europe hors d'Italie.

Le Jugement Dernier (vers 1474-1480) qui couvre l'arc triomphal entre la nef et le chœur, peint en grisaille polychromée, est l'une des plus extraordinaires fresques médiévales subsistant en France. Ses 15 mètres de hauteur sur 18 mètres de largeur déploient une iconographie effrayante : Christ en majesté au centre, anges sonnant les trompettes, Vierge intercédant, damnés précipités en enfer, élus accueillis au paradis. Une partie centrale fut détruite au XVIIe siècle lors de l'installation d'un portail néo-classique, mais les côtés restent stupéfiants.

La croisade des Albigeois (1209-1229) fut l'un des plus grands massacres de l'histoire médiévale française : 20 000 à 100 000 morts selon les sources. Les cathares, chrétiens dissidents rejetant la Trinité catholique et l'autorité papale, étaient particulièrement implantés dans le Languedoc et l'Albigeois. La croisade, lancée par Innocent III en 1208 et menée par Simon de Montfort, anéantit le catharisme par les massacres (notamment celui de Béziers, 22 juillet 1209, où 20 000 habitants furent exterminés sur ordre de l'abbé Arnaud Amaury : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens »).

Conseils de visite

Cathédrale ouverte tous les jours de 8h30 à 18h30, entrée libre dans la nef ; chœur, jubé et plafond payants (6€) — à voir absolument. Combiner avec la visite du musée Toulouse-Lautrec voisin (payant 12€, collection unique), du palais de la Berbie, et du pont vieux (XIe siècle). Albi UNESCO depuis 2010 (« cité épiscopale »). Accessible depuis Toulouse en TER (1h).

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