HitsMap
Cathédrale Saint-Pierre de Poitiers — édifice religieux à Poitiers (Vienne (86)) (86), monument historique (Classé MH)

Monument

Cathédrale Saint-Pierre de Poitiers

1162-1379 (édifice) ; vitraux Renaissance et chapelles 1490-1560·Religieux·Poitiers (Vienne (86)) (86)·Classé MH

À voir

Histoire

La cathédrale Saint-Pierre de Poitiers est l'un des plus grands édifices gothiques angevins de France, et l'un des plus singuliers par sa structure architecturale : trois nefs de même hauteur (style « halle » rare en France), voûtes Plantagenêt (voir fiches #68 Angers et #69 Cunault), chevet à fond plat (sans abside semi-circulaire). Cette architecture inhabituelle s'explique par les influences anglo-normandes (les Plantagenêts régnaient sur l'Aquitaine depuis le mariage d'Henri II et d'Aliénor d'Aquitaine en 1152, et firent construire la cathédrale comme église palatine de leur duché).

L'édifice fut commandé en 1162 par Aliénor d'Aquitaine et Henri II Plantagenêt (alors roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine) pour remplacer la cathédrale romane détruite. Le chantier s'étala jusqu'en 1379 — soit 217 années de chantier dans un style gothique angevin homogène (fait rare pour une si longue période).

L'élément Renaissance majeur est constitué par les vitraux Renaissance ajoutés entre 1490 et 1560 dans les chapelles latérales et le transept. Ces vitraux, signés des maîtres verriers poitevins (notamment Pierre Carteret et Pierre Vigier), représentent un programme iconographique : Vie de la Vierge, Vie des saints aquitains (Hilaire, Radegonde), donateurs en costumes Renaissance (les familles bourgeoises poitevines).

La cathédrale abrite le « Vitrail de la Crucifixion » (vers 1162-1170, panneau du chevet), considéré comme l'un des plus anciens vitraux gothiques subsistant en France — antérieur même à ceux de Chartres et Saint-Denis. Ce vitrail aurait été commandé par Aliénor d'Aquitaine elle-même et représenterait Henri II et Aliénor agenouillés en donateurs.

À voir absolument

  • Le Vitrail de la Crucifixion (vers 1162-1170), l'un des plus anciens vitraux gothiques subsistant en France
  • L'élévation gothique angevine à trois nefs de même hauteur (style halle), unique en France
  • Les voûtes Plantagenêt (XIIe-XIIIe siècles), bombées
  • Le chevet à fond plat, particularité architecturale rare
  • Les vitraux Renaissance (1490-1560) des chapelles latérales et du transept
  • Les stalles sculptées (XIIIe siècle, parmi les plus anciennes stalles conservées en France)
  • Le buffet d'orgue classique (XVIIe siècle), classé MH
  • Les chapelles latérales Renaissance ornées de retables XVIe
  • Le trésor de la cathédrale (visite payante)
  • L'emplacement : à 5 minutes à pied du baptistère Saint-Jean (IVe-VIIe siècles, l'un des plus anciens monuments chrétiens de France, gratuit) et de l'église Notre-Dame-la-Grande (romane majeure, gratuit)

Anecdotes & secrets

Aliénor d'Aquitaine (1122-1204), duchesse d'Aquitaine, reine de France puis reine d'Angleterre, fut l'une des plus extraordinaires femmes du Moyen Âge. Mariée à Louis VII de France en 1137 (mariage annulé en 1152 à Beaugency, voir fiche #64), puis à Henri II Plantagenêt en 1152 (deux mois plus tard), elle régna sur un immense empire allant de l'Écosse aux Pyrénées. Mère de 10 enfants dont Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre (futurs rois d'Angleterre). Emprisonnée par Henri II pendant 16 ans (1173-1189) pour avoir soutenu la révolte de leurs fils, elle fut libérée à la mort de son mari. Elle commanda la cathédrale de Poitiers vers 1162, alors qu'elle résidait à Poitiers (qu'elle considérait comme sa « vraie capitale », plus que Paris ou Londres). Aliénor mourut à 82 ans à l'abbaye de Fontevraud (à 100 km d'Angers, exclue HitsMap) où elle est enterrée auprès de Henri II et Richard Cœur de Lion.

Le « Vitrail de la Crucifixion » (vers 1162-1170) est l'un des vitraux gothiques les plus anciens subsistant en France — antérieur à ceux de Chartres (vers 1180) et de Saint-Denis (vers 1144 mais en grande partie détruits). Selon une tradition tenace, le vitrail aurait été personnellement commandé par Aliénor d'Aquitaine qui aurait payé le maître verrier avec son trésor personnel. Au bas du vitrail, on voit deux figures agenouillées : selon les historiens, il s'agirait de Henri II et Aliénor eux-mêmes, immortalisés en donateurs.

Saint Hilaire de Poitiers (vers 310-367), premier évêque de Poitiers, fut l'un des plus grands docteurs de l'Église du IVe siècle. Auteur du De Trinitate (l'un des premiers grands traités sur la Trinité chrétienne), il combattit l'arianisme (hérésie qui niait la divinité du Christ) et fut exilé en Phrygie par l'empereur arien Constance II. Son culte se répandit dans toute l'Europe occidentale (Saint-Hilaire-du-Harcouët, Saint-Hilaire-de-Riez, etc.). La cathédrale Saint-Pierre conserve un fragment de ses reliques.

Conseils de visite

Cathédrale ouverte tous les jours de 8h30 à 19h, entrée libre. Trésor : visite payante (5€). Combiner impérativement avec la visite du baptistère Saint-Jean (IVe-VIIe siècles, gratuit, l'un des plus anciens monuments chrétiens de France), de l'église Notre-Dame-la-Grande (romane majeure, gratuit), et de l'abbaye Sainte-Croix (Sainte Radegonde, reine wisigothe). Poitiers accessible depuis Paris-Montparnasse en TGV (1h15).

Pour aller plus loin

Sites à proximité (< 10 km)