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Illustre

Vittore Carpaccio

peintre

Venise, v.1465 – v.1525·Peintre vénitien, maître du grand cycle narratif.·Venise·peinture

Contributions & œuvres

Formé dans le sillage des Bellini, Carpaccio se spécialise dans les grandes toiles narratives commandées par les « scuole », ces confréries qui rythmaient la vie vénitienne. Son cycle de sainte Ursule (aujourd'hui à l'Accademia) déploie la légende de la princesse en neuf immenses tableaux d'une richesse inépuisable — le « Songe de sainte Ursule », où la sainte dort dans une chambre baignée d'aube, est l'une des plus belles images de tout le Quattrocento. Il peint aussi le cycle de saint Georges pour la scuola des Dalmates, et de nombreux tableaux où Venise elle-même — le Rialto, les régates, les embarcations — devient le vrai sujet. Sa minutie, sa lumière et son sens du récit en font le grand imagier de la cité des Doges.

Anecdote mémorable

Le mot « carpaccio » — les fines lamelles de viande crue — fut inventé en 1950 par le patron du Harry's Bar de Venise, en hommage au peintre : les rouges profonds de ses tableaux, alors exposés, lui évoquèrent la couleur du plat. Le nom d'un maître du Quattrocento sur les cartes des restaurants du monde entier.

Influences reçues

Gentile et Giovanni Bellini pour la narration et la couleur vénitiennes ; l'attention flamande au détail, qui circulait à Venise.

Influences exercées

Il porte à son sommet le genre du grand cycle narratif vénitien ; son image de Venise nourrit tout l'imaginaire de la ville, jusqu'aux vedutistes.

Importance historique

Carpaccio est le conteur de Venise. Nul n'a raconté comme lui, en longues suites de tableaux, les légendes des saints et des confréries — l'histoire de sainte Ursule, les miracles de la Croix, la vie de saint Georges —, en les situant dans une Venise de rêve, exacte et féerique à la fois : canaux, palais, cortèges, flottes, chiens et perroquets. Ses cycles narratifs sont des théâtres de la vie vénitienne, où le merveilleux voisine avec l'observation la plus fine. Il est, avec Gentile Bellini, l'œil qui a fixé pour l'éternité le visage de la Sérénissime au tournant de son âge d'or.

Peintures (2)

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