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Portrait de Simon Leroy

Illustre

Simon Leroy

Sculpteur

actif v.1568-1600·Sculpteur·Paris·Sculpture

Contributions & œuvres

Sculpteur de bronzes de cabinet sous Henri III et Henri IV. Illustre le développement du marché de l'art privé et de la collection de bronzes en France.

Importance historique

Contrairement à Jean Goujon, Ligier Richier ou Germain Pilon, Simon Leroy n'est pas un sculpteur de grandes cathédrales ou de tombeaux monumentaux. Son importance est ailleurs. Il appartient à une génération d'artistes qui voient naître un phénomène nouveau en France : l'art destiné aux collectionneurs privés.

Sous les règnes de Henri III puis de Henri IV, une clientèle aristocratique commence à acheter des œuvres pour ses appartements, ses bibliothèques et ses cabinets de curiosités plutôt que pour les églises ou les monuments publics. Cette évolution accompagne le développement du goût humaniste pour l'Antiquité et les collections savantes.

Une époque de transition

Simon Leroy travaille dans une France profondément différente de celle de François Ier. La grande époque des chantiers royaux de Fontainebleau touche à sa fin. Les guerres de Religion ont épuisé le royaume. Les commandes monumentales se raréfient. Mais parallèlement apparaît une nouvelle forme de mécénat. Les élites souhaitent désormais posséder :

  • des médailles antiques ;
  • des camées ;
  • des dessins ;
  • des objets rares ;
  • des petites sculptures en bronze. Le goût de la collection devient un signe de distinction sociale et intellectuelle.

Le bronze de cabinet

C'est dans ce contexte que Simon Leroy semble s'être spécialisé. Le bronze de cabinet est une petite sculpture destinée à être observée de près. Elle n'est pas conçue pour une place publique ou une façade. Elle est destinée :

  • à une bibliothèque ;
  • à un studiolo ;
  • à un cabinet de curiosités ;
  • à une galerie privée. Le propriétaire peut la prendre en main, l'examiner sous différents angles et discuter de son sujet avec ses invités. Cette pratique vient directement d'Italie, notamment de Florence et de Padoue.

L'influence italienne

Depuis les guerres d'Italie, les nobles français découvrent les petites statuettes de bronze inspirées de l'Antiquité. Les modèles de :

  • Giambologna
  • Benvenuto Cellini circulent dans toute l'Europe. Les collectionneurs français veulent désormais posséder des œuvres comparables. Simon Leroy participe à cette diffusion du goût italien en France.

Une clientèle nouvelle

Le client type de Simon Leroy n'est plus un évêque ou un chapitre cathédral. C'est plutôt :

  • un magistrat ;
  • un parlementaire ;
  • un grand officier ;
  • un noble cultivé ;
  • un amateur d'antiquités. Cette clientèle recherche des objets raffinés qui témoignent de son érudition. La sculpture devient alors aussi un objet de conversation.

Le cabinet de curiosités

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Pour comprendre l'univers de Simon Leroy, il faut imaginer un cabinet de curiosités vers 1600. On y trouve :

  • des coquillages exotiques ;
  • des monnaies romaines ;
  • des globes terrestres ;
  • des instruments scientifiques ;
  • des livres rares ;
  • des bronzes miniatures. Les petites sculptures deviennent les ancêtres de ce que nous appelons aujourd'hui les objets de collection.

Un art de l'intimité

Cette évolution modifie profondément la fonction de la sculpture. Avec Jean Goujon, l'œuvre est publique. Avec Ligier Richier, elle est religieuse. Avec Simon Leroy, elle devient privée. L'expérience artistique quitte progressivement l'espace collectif pour entrer dans l'espace personnel. Cette transformation est fondamentale dans l'histoire de l'art européen.

Un témoin de la naissance du marché de l'art

L'un des aspects les plus intéressants de Simon Leroy est qu'il témoigne de la naissance d'un véritable marché de l'art. Pendant une grande partie du Moyen Âge :

  • les artistes travaillent sur commande ;
  • les œuvres sont destinées à un lieu précis ;
  • les acheteurs sont principalement religieux ou princiers. À la fin du XVIe siècle apparaît progressivement une autre logique. Les œuvres peuvent être produites pour être achetées par des amateurs. Le collectionneur devient un acteur majeur du monde artistique.

Entre Renaissance et Baroque

Simon Leroy appartient à une génération de transition. Il hérite :

  • de l'humanisme de la Renaissance ;
  • du maniérisme italien ;
  • du goût antique. Mais il prépare également :
  • les grands bronziers du XVIIe siècle ;
  • les collections royales ;
  • les galeries aristocratiques du Grand Siècle. À travers ces petits bronzes se dessine déjà le monde de Louis XIII et de Louis XIV.

Pourquoi est-il peu connu ?

Contrairement à Goujon ou Pilon, Simon Leroy n'a pas laissé de monument spectaculaire. Les bronzes de cabinet :

  • sont de petite taille ;
  • ont souvent changé de propriétaire ;
  • ont parfois disparu ;
  • sont difficiles à attribuer avec certitude. Cette situation explique la relative discrétion de son nom dans les ouvrages généralistes. Pourtant son rôle historique demeure réel.

Son importance pour l'histoire de l'art

Simon Leroy illustre parfaitement trois évolutions majeures :

La privatisation de l'art

L'œuvre quitte progressivement l'espace public.

La naissance du collectionneur moderne

Le propriétaire devient amateur et connaisseur.

L'internationalisation du goût

Les modèles italiens circulent désormais dans toute l'Europe.

Profil psychologique (reconstitution)

Les archives étant extrêmement limitées, toute analyse reste prudente.

Mais son activité suggère probablement :

  • un artiste techniquement très habile ;
  • sensible aux modes italiennes ;
  • attentif aux attentes des collectionneurs ;
  • capable de travailler à petite échelle avec une grande finesse. Le bronze exige une précision et une maîtrise technique considérables.

Le regard HitsMap

Imaginez Paris vers 1595. Les guerres de Religion s'achèvent lentement. Dans l'hôtel particulier d'un magistrat, une petite pièce est réservée aux merveilles du monde. Sur les étagères :

  • des monnaies romaines ;
  • des livres d'Érasme ;
  • des cartes du Nouveau Monde ;
  • des instruments astronomiques. Et au milieu de ces trésors, une petite sculpture de bronze. Elle tient dans les mains. On peut la tourner. Observer chaque détail. Comparer son style à celui des maîtres italiens. Pour la première fois dans l'histoire française, l'art n'est plus seulement destiné à la gloire de Dieu ou du roi. Il devient aussi un plaisir intellectuel personnel. Simon Leroy se situe précisément à ce moment charnière.

Non pas parmi les géants de la Renaissance française, mais parmi ceux qui préparent discrètement la naissance du collectionneur moderne et du marché de l'art privé qui marquera les siècles suivants.

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