✦ Illustre ✦
Joos van Cleve
peintre
Contributions & œuvres
À la tête d'un des plus grands ateliers d'Anvers, Joos van Cleve produit d'innombrables Vierges d'une suavité nouvelle, où le sfumato de Léonard adoucit la netteté flamande, et de somptueuses Adorations des mages. Mais c'est comme portraitiste qu'il atteint les sommets : appelé à la cour de France vers 1530, il peint François Iᵉʳ, la reine Éléonore, et compose des effigies d'une présence saisissante. La France conserve à Lyon un « Portrait d'un jeune homme » où se lit tout son art : la matière des étoffes, la lumière sur la peau, et ce regard vivant qui semble suivre le spectateur. En lui, Anvers et les cours d'Europe se rencontrent.
Anecdote mémorable
Longtemps on ne connut ce maître que sous un surnom : le « Maître de la mort de Marie », d'après deux grands retables. Ce n'est qu'au XXᵉ siècle qu'on lui rendit son nom, Joos van der Beke, dit van Cleve, et qu'on réunit sous une seule main une œuvre longtemps éparpillée entre plusieurs anonymes.
Influences reçues
Les primitifs flamands (Memling, Gérard David) pour la technique ; Léonard de Vinci, dont il retient le sfumato et le modelé des visages ; les modèles italiens qui circulent à Anvers.
Influences exercées
Son type de Vierge et son art du portrait de cour se diffusent dans toute l'Europe du Nord ; il contribue à faire d'Anvers un carrefour de la peinture européenne.
Importance historique
Joos van Cleve est le Flamand qui sut plaire aux rois. Maître d'Anvers, il unit la précision héritée des primitifs à la douceur fondue apprise de Léonard, et cette alliance lui ouvre les cours d'Europe. On l'appela en France, où il fixa les traits de François Iᵉʳ et de sa cour ; on le réclama jusqu'en Angleterre. Peintre religieux d'une grande tendresse et portraitiste d'une finesse psychologique rare, il incarne le moment où la peinture flamande, forte de sa tradition, se met au diapason de la Renaissance internationale.


