HitsMap
Portrait d'un jeune homme

Peinture

Portrait d'un jeune homme

Joos van Cleve (Clèves ?, v. 1485–Anvers, 1540–1541)

Devant l'œuvre

Joos van Cleve est l'un des grands portraitistes flamands du premier XVIe siècle — il travailla à Anvers, séjourna en France (portrait de François Ier et d'Éléonore de Habsbourg pour la cour de France) et en Angleterre (portrait d'Henri VIII). Ce Portrait d'un jeune homme vers 1520 est caractéristique de son style : fond sombre ou paysage de fond, visage saisi avec une précision psychologique remarquable, mains soigneusement rendues. L'identité du modèle est inconnue — c'est un 'jeune homme', pas un personnage historique identifié.

Symbolisme & lecture iconographique

Dans la tradition flamande du XVIe siècle, le portrait est un acte de légitimation sociale — on se fait peindre pour affirmer son rang, sa réussite, son identité. Ce jeune homme sans nom a voulu que son image survive — et elle a survécu, cinq siècles plus tard, dans un musée lyonnais. La survie du portrait est aussi mystérieuse que la survie de l'âme.

Analyse des émotions

Ce portrait d'un inconnu du XVIe siècle pose la question universelle du portrait : qu'est-ce qui reste d'une personne quand il ne reste que son image ? Ce jeune homme est mort depuis cinq siècles — et pourtant son regard est vivant. Le portrait dit quelque chose sur l'immortalité par l'image — fragile et réelle à la fois.

Secrets & mystères

L'identité des modèles des portraits de Joos van Cleve est dans la plupart des cas inconnue — et leur identification est l'une des difficultés majeures de la recherche sur cet artiste. Les archives anversoises du XVIe siècle qui auraient pu nous renseigner sur ses commanditaires ont en grande partie disparu lors du Sac d'Anvers de 1576. Ce visage anonyme de jeune homme du XVIe siècle regarde vers nous depuis cinq siècles sans que nous sachions qui il est.

Le saviez-vous ?

Joos van Cleve est l'un des rares peintres flamands du XVIe siècle à avoir travaillé à la cour de France — François Ier lui commanda des portraits (de lui et de la reine) et lui offrit peut-être l'hospitalité à Fontainebleau. L'influence italienne que François Ier importait à Fontainebleau (avec Léonard de Vinci, Rosso Fiorentino, Primatice) rencontra ainsi dans sa cour la tradition flamande du portrait réaliste. Van Cleve est à la croisée de ces deux traditions.