✦ Illustre ✦
Jacques de Bellange
peintre
Contributions & œuvres
Peintre officiel des ducs Charles III puis Henri II de Lorraine, Bellange décore les palais de Nancy — décors de fêtes, galeries, appartements — aujourd'hui presque entièrement perdus. Ce qui demeure, ce sont ses dessins et surtout ses eaux-fortes : Annonciations, saintes Femmes au tombeau, porteurs d'eau, d'un style unique où l'élégance extrême frôle l'étrangeté. Ses figures étirées, leurs mains délicates, leurs visages en extase composent une piété exaltée, à la lisière du songe. La France conserve à Nancy « le Ravissement de saint François », où le saint, soulevé de terre, s'abîme dans la lumière divine. Longtemps négligé, Bellange est aujourd'hui tenu pour l'un des plus grands graveurs de son temps.
Anecdote mémorable
Presque toute la peinture de Bellange a disparu — décors de cour brûlés, effacés, oubliés. Il ne nous reste de ce peintre de palais que quelques toiles et ses gravures : un très grand artiste que nous ne connaissons, pour l'essentiel, que par l'empreinte du cuivre.
Influences reçues
Le maniérisme italien tardif (Parmesan) et la préciosité de la seconde école de Fontainebleau ; la ferveur de la Contre-Réforme lorraine.
Influences exercées
Son compatriote Jacques Callot grave à sa suite ; les modernes voient en ses estampes une audace formelle qui les fascine.
Importance historique
Jacques de Bellange est l'un des plus étranges et des plus fascinants maniéristes d'Europe. À la cour des ducs de Lorraine, à Nancy, il invente un monde tout de grâce précieuse et d'exaltation mystique : figures immenses aux gestes maniérés, drapés tourbillonnants, saints en extase saisis dans une lumière irréelle. Peintre de cour dont presque toute l'œuvre peinte a disparu, il survit surtout par ses eaux-fortes — d'une virtuosité et d'une bizarrerie envoûtantes — qui font de lui un maître absolu de la gravure et un précurseur inattendu, que redécouvriront les modernes.

