✦ Illustre ✦
Dirck de Quade van Ravesteyn
peintre
Contributions & œuvres
Venu des Pays-Bas, Dirck de Quade entre au service de Rodolphe II vers la fin du XVIᵉ siècle et devient l'un des peintres de sa chambre des merveilles. Il y peint des sujets mythologiques et des nus d'une élégance précieuse, dans la manière du maniérisme rodolphien : figures allongées, poses sinueuses, lumière douce. La France conserve à Dijon une « Vénus endormie » qui résume son art — un corps abandonné au sommeil, offert au regard dans un silence sensuel. Son œuvre, rare et longtemps mal attribuée, a peu à peu retrouvé son nom, révélant l'un des plus fins pinceaux de la Prague de Rodolphe.
Anecdote mémorable
Ses tableaux ont si bien fondu leur style dans celui du cercle de Prague qu'on les a longtemps donnés à d'autres : redécouvrir Dirck de Quade, ce fut démêler une main singulière au sein d'un atelier qui cultivait, précisément, l'art de se ressembler.
Influences reçues
Spranger et le milieu pragois ; la tradition italienne du nu, filtrée par le goût de cour.
Influences exercées
Il prolonge, avec ses compagnons, le rayonnement du maniérisme rodolphien dans les collections princières.
Importance historique
Dirck de Quade van Ravesteyn appartient au cercle enchanté de Prague — ces artistes que Rodolphe II attira dans sa capitale pour peindre un monde de grâce et de volupté. Aux côtés de Spranger, il cultive un maniérisme d'une délicatesse extrême : nus alanguis, chairs nacrées, mythologies rêveuses destinées au cabinet du prince. Son art raffiné, longtemps confondu avec celui de ses compagnons pragois, dit à quel point la cour impériale fut, au tournant du siècle, l'un des foyers les plus subtils de toute l'Europe.

