✦ Illustre ✦
Giotto di Bondone
peintre
Contributions & œuvres
Découvert, dit la légende, par Cimabue qui le vit dessiner des moutons sur une pierre, Giotto devient le peintre le plus célèbre de son temps. Son chef-d'œuvre est la chapelle Scrovegni de Padoue (v.1305) : un cycle de fresques où la vie du Christ et de la Vierge se déroule avec une humanité, une clarté et une profondeur d'émotion sans précédent — le baiser de Judas, la déploration sur le Christ mort comptent parmi les images les plus poignantes de tout l'art. Il travaille à Assise, à Florence, à Naples ; on lui confie même, à la fin de sa vie, le chantier du campanile de la cathédrale de Florence. La France conserve des Crucifixions de son entourage. Partout, la même révolution : la peinture cesse d'être un signe pour devenir une présence.
Anecdote mémorable
On raconte qu'un envoyé du pape, venu réclamer une preuve de son talent, repartit avec un simple cercle que Giotto avait tracé à main levée, d'un seul geste, d'une perfection absolue — le fameux « O de Giotto ». Le pape comprit. Un rond parfait suffisait à dire ce qu'était ce peintre : la main la plus sûre de son temps.
Influences reçues
Cimabue, son maître, qui amorce déjà l'assouplissement de la tradition byzantine ; la sculpture de Nicola et Giovanni Pisano, pour le volume et l'émotion.
Influences exercées
Il fonde la peinture occidentale : tout le Trecento et, par-delà, Masaccio et la Renaissance florentine se réclament de lui. On peint « après Giotto » comme on écrit après Dante.
Importance historique
Pourquoi Giotto, mort en 1337, dans un atlas de la Renaissance ? Parce qu'il en est le père. C'est lui qui, le premier, rouvre les yeux de la peinture : là où l'art byzantin alignait des figures d'or plates et immobiles, Giotto donne aux hommes un corps, un poids, une émotion, un espace où se tenir. Ses personnages pleurent, se détournent, s'étreignent — ils vivent. La Renaissance elle-même l'a reconnu pour ancêtre : Vasari commence son histoire de l'art par lui, et Boccace, Dante, Pétrarque le célèbrent de son vivant comme celui qui « ramena la peinture à la lumière ». Sans le geste de Giotto, deux siècles avant Raphaël, rien de la Renaissance n'aurait été possible. Il est l'aube.


