HitsMap
Vierge à l'Enfant (Cornelis van Clève attribué)

✦ Peinture ✦

Vierge à l'Enfant (Cornelis van Clève attribué)

Cornelis van Cleve

Faire le puzzle de l'œuvre

Devant l'œuvre

La salle des Vierges à l'Enfant de Blois est organisée autour de l'iconographie de la Mère et de l'Enfant — le motif le plus peint de toute l'histoire de l'art occidental. Cette version attribuée à Cornelis van Clève, peintre flamand établi à Anvers, est particulièrement intéressante car elle développe une iconographie de douceur flamande — la lumière venue de gauche, les carnations veloutées, le mouvement de la tête maternelle vers l'enfant — dans le style de son maître Jan van Scorel, lui-même héritier de la tradition d'Utrecht.

Symbolisme & lecture iconographique

La lumière venue de gauche dans les tableaux flamands a une signification conventionnelle : elle vient du côté de la grâce divine (la lumière de Dieu éclaire de la gauche du tableau, qui est la droite de la figure). Ce détail technique est en réalité un choix théologique codé que les contemporains lisaient comme une signature de piété.

Analyse des émotions

La Vierge à l'Enfant flamande du XVIe siècle est une image de tendresse domestique : la mère est une femme réelle (à peine idéalisée), l'Enfant est un bébé réel (plein, joufflu, remuant). Ce naturalisme du sacré est l'héritage des Van Eyck transmis par Jan van Scorel à Cornelis van Clève : Dieu s'est fait homme, donc il faut le peindre comme un homme — et sa mère comme une femme.

Secrets & mystères

Ce tableau est mentionné dans le catalogue scientifique de Blois (2008) comme une version 'de meilleure qualité qu'un panneau presque identique conservé à la Gemäldegalerie de Berlin'. Ce commentaire d'expert suggère que le tableau de Blois pourrait être l'original dont celui de Berlin serait la copie — ou l'inverse. Ces questions de primauté entre deux versions quasi identiques d'un même sujet sont fréquentes dans la peinture flamande du XVIe siècle, où les ateliers produisaient des séries de compositions populaires.

Le saviez-vous ?

Cornelis van Clève était fils de Joos van Clève, peintre flamand qui avait lui-même travaillé à la cour de François Ier à Paris vers 1530–1535. Les Van Clève représentent cette généalogie d'artisans flamands liés aux cours françaises — une continuité entre Anvers et Paris qui explique la présence de leurs œuvres dans les musées de la Loire.

Sources

  1. 1.Château Royal de Blois — Musée des Beaux-Arts
  2. 2.Web Gallery of Art

Le peintre

👤

Cornelis van Cleve

Anvers, 1520 – Anvers, 1567

Peintre anversois, fils de Joos van Cleve ; surnommé « Sotte Cleef », le fol Cleve.

Rôle : peintre

Fils et élève de Joos van Cleve, Cornelis hérite de la manière paternelle : Vierges à l'Enfant d'une grâce douce, où le fondu à l'italienne adoucit la précision flamande, couleurs chaudes et paysages soignés. Ambitieux, il gagne l'Angleterre vers 1554, espérant devenir peintre de la cour de Philippe II et Marie Tudor ; l'échec de ce projet, dit son biographe van Mander, lui fait perdre l'esprit, et il rentre à Anvers pour y finir ses jours dans la démence. La France conserve une « Vierge à l'Enfant » attribuée à sa main, où se lit encore, intacte, la suavité héritée de son père. Son œuvre, dispersée et longtemps confondue avec d'autres, est celle d'un talent contrarié.

Origine : Anvers

Voir la fiche complète du peintre →

À voir aussi