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Portrait de Simonetta Vespucci, Piero di Cosimo

✦ Peinture ✦

Portrait de Simonetta Vespucci

Piero di Cosimo

Faire le puzzle de l'œuvre

Devant l'œuvre

Elle était, dit-on, la plus belle femme de Florence dans les années 1470 — et elle mourut à vingt-trois ans, de la tuberculose, en 1476. Simonetta Vespucci, noble génoise mariée à un Florentin, était l'idéal de beauté de toute une génération : Botticelli la peignit plusieurs fois, en Vénus et en Grâces, et Julien de Médicis (frère de Laurent le Magnifique) était follement épris d'elle. Ce portrait de profil de Piero di Cosimo est un hommage posthume — commandé par Julien de Médicis après la mort de la jeune femme. Le serpent à son cou et les arbres morts d'un côté, vivants de l'autre, disent la brièveté de la vie et le cycle de la mort-renaissance.

Symbolisme & lecture iconographique

Les arbres morts à droite et vivants à gauche du tableau forment un diptyque symbolique de la mort et de la renaissance — le cycle des saisons transposé dans celui de la vie humaine. En situant Simonetta au centre de ces deux arbres, Piero di Cosimo en fait l'incarnation de cette frontière entre la mort et la vie. Le serpent renforce l'ambiguïté : instrument de la tentation et de la mort (Genèse), mais aussi symbole de la renaissance et de la médecine (le serpent qui mue et se régénère).

Analyse des émotions

Ce portrait de profil impose une distance que le portrait de face ne crée pas. On ne peut pas croiser le regard de Simonetta — elle regarde ailleurs, vers quelque chose que nous ne voyons pas. Cette absence de contact oculaire ajoute à la mélancolie du tableau : c'est la beauté qui s'éloigne, qui tourne le dos, qui ne peut plus nous voir. C'est un tableau de la mort déguisée en vie.

Secrets & mystères

Le serpent qui orne le cou de Simonetta pose question. S'agit-il d'un simple bijou (un ornement en forme de serpent était à la mode à Florence vers 1490) ? Ou d'un symbole — le serpent de la Genèse ? le caducée de Mercure ? le serpent de la médecine ? La question du symbolisme de ce serpent n'est pas résolue. Plus troublant : le tableau montre une femme morte depuis quinze ans au moment où il fut peint. Comment Piero di Cosimo connaissait-il les traits de Simonetta ? Par d'autres portraits, par des descriptions ? Les visages de femmes dans les œuvres de Botticelli (qui l'avait connue) ont pu servir de modèles.

Le saviez-vous ?

Simonetta Vespucci est une cousine par alliance d'Amerigo Vespucci — l'explorateur dont le nom a donné 'Amérique'. La beauté légendaire de Simonetta était si célèbre à Florence qu'à sa mort, les notables de la ville portèrent son cercueil découvert pour que la ville entière puisse contempler son visage une dernière fois.

Sources

  1. 1.Web Gallery of Art

Le peintre

👤

Piero di Cosimo

Florence, 1462 – Florence, 1522

Peintre florentin, l'esprit le plus imaginatif et le plus singulier de sa génération.

Rôle : peintre

Élève de Cosimo Rosselli — dont il prit le prénom en signe de dévotion —, Piero se forme sur les chantiers de la chapelle Sixtine avant de suivre sa voie propre, à l'écart des ateliers. Il excelle dans les grandes scènes mythologiques et allégoriques que la Florence cultivée s'arrache pour orner ses palais : « la Forêt en feu », les récits de l'humanité primitive, où bêtes, satyres et premiers hommes vivent dans une nature grandiose et inquiète. Portraitiste aussi, il laisse l'image énigmatique de Simonetta Vespucci, la belle Florentine, en profil idéal, un serpent enroulé au cou — aujourd'hui à Chantilly. Strasbourg conserve son « Mythe de Prométhée », où la création de l'homme prend des couleurs de conte. Chez Piero, le savoir antique devient songe, et la mythologie, un théâtre de l'imaginaire.

Origine : Florence

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