Devant l'œuvre
François de Lorraine, second duc de Guise (1519–1563), est l'un des personnages les plus puissants et les plus controversés du XVIe siècle français — le 'Balafré', chef du parti catholique intransigeant, défenseur de Metz contre Charles Quint (1552), initiateur du massacre de Wassy (1562) qui déclencha les guerres de Religion. Ce portrait, attribué à Philippe de Champaigne, le montre avec la cicatrice faciale qui lui valut son surnom. C'est un portrait de pouvoir dur et direct.
Symbolisme & lecture iconographique
La cicatrice du duc de Guise est devenue l'un des emblèmes du parti catholique intransigeant dans les guerres de Religion — la marque physique du guerrier de Dieu. Cette stigmatisation du corps au service de la foi dit la confusion entre le politique et le religieux qui caractérise les guerres de Religion.
Analyse des émotions
Ce portrait du Balafré dit le pouvoir aristocratique dans sa version la plus brute — un homme qui a la violence dans le visage (la cicatrice) et dans l'histoire (le massacre de Wassy). Il n'y a pas de charme dans ce portrait, pas de séduction : c'est la puissance nue.
Secrets & mystères
L'attribution de ce tableau à Philippe de Champaigne est discutée — Champaigne est né en 1602 et François de Guise est mort en 1563. Ce tableau serait donc soit un portrait posthume d'après un modèle antérieur, soit l'œuvre d'un autre peintre du XVIIe siècle. La relation entre les Guise et les ducs de Lorraine est complexe : les Guise étaient une branche cadette de la maison de Lorraine, et leur rivalité avec les Valois pour la domination de France est l'un des fils conducteurs des guerres de Religion.
Le saviez-vous ?
François de Guise fut assassiné en 1563 par un protestant huguenot, Poltrot de Méré — qui affirma avoir agi sur ordre de l'amiral Gaspard de Coligny. Coligny nia jusqu'à la mort. Cet assassinat alimenta la haine entre les deux camps et prépara la Saint-Barthélemy (1572) — la nuit où des milliers de protestants français furent massacrés, dont Coligny lui-même. La vengeance des Guise.

