Devant l'œuvre
Lorenzo Lippi est l'un des peintres florentins les moins connus du XVIIe siècle — et sa présence à Angers dit quelque chose sur la cohérence encyclopédique de la collection. Lippi développa à Florence un style qui se distinguait à la fois du baroque romain de Pietro da Cortona et du classicisme bolonais — une manière plus intime et plus introspective, influencée par les Flandres (dont il connaissait les tableaux par les collections florentines). Sa présence dans les musées français de province est souvent le résultat des saisies napoléoniennes en Italie — et dit la richesse de la peinture italienne du XVIIe siècle au-delà des grands noms.
Symbolisme & lecture iconographique
La présence d'un Lippi dans les collections d'Angers dit l'ambition encyclopédique de la collection — représenter toutes les écoles européennes dans leur diversité, pas seulement les grands noms connus du grand public.
Analyse des émotions
La peinture de Lippi a une qualité de douceur particulière — ses personnages sont peints avec une attention affectueuse qui dit l'intimité de la peinture de chevalet florentine du XVIIe siècle.
Secrets & mystères
Lorenzo Lippi est aussi l'auteur d'un poème épique en ottava rima — Il Malmantile Racquistato (publié posthumément en 1676) — qu'il écrivit sous pseudonyme (Perlone Zipoli). Cette double vie de peintre et de poète burlesque est caractéristique de la culture florentine du XVIIe siècle, où les Académies mêlaient arts plastiques et arts littéraires.
Le saviez-vous ?
Lippi mourut à Florence en 1665 — la même année où Poussin mourut à Rome et où Rembrandt créait encore à Amsterdam. Ces trois artistes contemporains (Lippi 59 ans, Poussin 71 ans, Rembrandt 59 ans) représentent trois conceptions très différentes de la peinture du XVIIe siècle — trois langages picturaux distincts qui coexistaient dans la même Europe.
