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La Vanité terrestre et de la Rédemption divine (diptyque de la Vanité)

Peinture

La Vanité terrestre et de la Rédemption divine (diptyque de la Vanité)

Hans Memling (Seligenstadt, v. 1433–Bruges, 1494)

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Devant l'œuvre

Ce petit polyptyque de Memling est l'un des objets les plus troublants du musée. Il représente en triptyque une méditation visuelle sur la vanité de toute chose terrestre : au centre, une femme nue (la Beauté, la Jeunesse, le Désir) se contemple dans un miroir — la Vanité incarnée. À gauche, un mort dans son suaire, attendant le Jugement. À droite, le Paradis et l'Enfer selon leur issue respective. C'est un programme théologique complet en trois images : voici ce que vous désirez (la beauté nue), voici ce que vous serez (le mort), voici où vous irez (le Paradis ou l'Enfer). Memling encadre la vie humaine entre la tentation et le jugement, avec la mort comme charnière.

Symbolisme & lecture iconographique

La Vanitas (vanité) — 'Vanité des vanités, tout est vanité' (Ecclésiaste 1:2) — est l'un des thèmes fondamentaux de la morale chrétienne médiévale. La femme qui se regarde dans le miroir est la figure classique de la Superbia (l'orgueil) — l'un des sept péchés capitaux. Mais Memling ne condamne pas simplement : il représente la beauté avec une précision qui dit son attraction réelle, avant de montrer la mort qui la défait.

Analyse des émotions

Ce triptyque crée une émotion de vertige moral — la beauté nue de la femme du panneau central est une réalité sensuelle tangible, et en même temps une illusion que les deux panneaux latéraux détruisent méthodiquement. On désire, puis on comprend que ce désir est vain. Puis on se demande si la compréhension suffit à vaincre le désir. C'est le programme de toute la morale chrétienne médiévale condensé en trois images.

Secrets & mystères

Memling est né en Allemagne — à Seligenstadt, dans la région de Francfort — mais il s'établit à Bruges en Flandre vers 1465 et y passa toute sa carrière. Il est donc à la fois un artiste allemand de naissance et flamand par adoption — une biographie qui dit quelque chose sur la mobilité des artistes du XVe siècle à travers l'espace rhénan et flamand. Ce polyptyque de la Vanité, conçu pour la méditation privée, est caractéristique de la production de Memling pour les dévots bourgeois des Pays-Bas du XVe siècle.

Le saviez-vous ?

Memling fut l'un des peintres les plus riches de Bruges de son vivant — et l'un des plus populaires de toute l'Europe. Ses tableaux religieux (polyptiques, retables, triptyques) étaient exportés en Espagne, en Italie et en Angleterre. Cette réussite commerciale dit quelque chose sur le marché de l'art flamand du XVe siècle : la qualité de Memling était reconnue et payée.