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La Sainte Famille, Pieter Coeck van Aelst

✦ Peinture ✦

La Sainte Famille

Pieter Coeck van Aelst

Faire le puzzle de l'œuvre

Devant l'œuvre

Pieter Coeck van Aelst est l'un des artistes flamands les plus complets du XVIe siècle : peintre, dessinateur de cartons de tapisseries et de vitraux, architecte, traducteur de Vitruve en néerlandais. Il travailla à Bruxelles et voyagea à Constantinople en 1533 pour y vendre des tapisseries au sultan Soliman le Magnifique — voyage dont il tira une série de gravures uniques sur la vie ottomane. Cette Sainte Famille est une œuvre de son atelier anversois, dans le style italianisant qui caractérise la peinture flamande de la seconde génération après Quentin Metsys.

Symbolisme & lecture iconographique

L'Enfant Jésus tenant un fruit ou un objet symbolique (pomme = le péché qu'il vient racheter, raisin = le vin de l'Eucharistie, livre = la Parole de Dieu) dans les peintures flamandes de la Sainte Famille est un programme théologique complet compressé dans un geste enfantin.

Analyse des émotions

La Sainte Famille de Coeck van Aelst est une image de la vie domestique transfigurée par la présence divine. Marie, Joseph et l'Enfant dans un intérieur clairement flamand — avec ses coffres, ses textiles, sa lumière de fenêtre — créent cette fusion entre le sacré et le quotidien qui est la grande réussite de la peinture flamande du XVIe siècle.

Secrets & mystères

Pieter Coeck van Aelst est le beau-père de Pieter Bruegel l'Ancien — qui épousa sa fille Marie Coecke en 1563. L'influence directe de Coeck sur Bruegel est difficile à mesurer (Bruegel avait 13 ans quand Coeck mourut en 1550), mais les deux artistes partagent un intérêt pour la représentation de la société contemporaine dans des sujets bibliques. Cette Sainte Famille de Tours montre un intérieur bourgeois flamand transposé dans la Nativité — une technique que Bruegel développera jusqu'à l'extrême.

Le saviez-vous ?

Le voyage de Coeck van Aelst à Constantinople en 1533 pour vendre des tapisseries au sultan Soliman est l'un des épisodes les plus romanesques de la biographie d'un peintre flamand du XVIe siècle. La série de gravures qu'il en tira (publiées posthumément par sa veuve en 1553) est l'une des premières représentations documentaires de la vie ottomane par un artiste occidental.

Sources

  1. 1.Web Gallery of Art

Le peintre

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Pieter Coeck van Aelst

Alost, 1502 – Bruxelles, 1550

Peintre, architecte-théoricien, éditeur et cartonnier de tapisseries ; peintre de l'empereur Charles Quint et maître de Bruegel.

Rôle : peintre

Formé peut-être chez Bernard van Orley, Coeck voyage en Italie puis, en 1533, jusqu'à la cour du sultan à Constantinople, dont il rapporte de célèbres gravures de mœurs turques. De retour, il devient l'un des artistes les plus complets de son temps : peintre de retables élégants où l'italianisme se mêle à la tradition flamande, concepteur de vitraux et de tapisseries, et surtout éditeur — il traduit en flamand, en français et en allemand les livres d'architecture de Sebastiano Serlio, diffusant dans tout le Nord la science des ordres antiques. La France conserve à Tours une « Sainte Famille » de sa main. Nommé peintre de Charles Quint l'année de sa mort, il laisse une œuvre immense, mais son plus grand legs fut un élève : Bruegel.

Origine : Alost, Flandre

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