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Bellotto (Vue de ville ou capriccio architectural)

Peinture

Bellotto (Vue de ville ou capriccio architectural)

Bernardo Bellotto (Venise, 1721–Varsovie, 1780)

Devant l'œuvre

Bernardo Bellotto est le neveu de Canaletto — et souvent confondu avec lui, car il signa parfois ses œuvres 'Canaletto'. Bellotto fut cependant un peintre distinct : après une formation vénitienne, il travailla à Dresde pour le roi Auguste III de Pologne (1747–1758), à Vienne pour l'impératrice Marie-Thérèse, et à Varsovie pour le roi Stanislas II Auguste (1767–1780). Ses vues de villes — Dresden, Varsovie, Vienne — sont des documents historiques d'une précision incomparable. Ses peintures de Varsovie furent utilisées pour la reconstruction de la vieille ville après 1945 ! Ce tableau de Troyes, venant du château de Pont-sur-Seine, est une veduta d'architecture (ville réelle ou capriccio imaginaire) dans son style vénitien caractéristique.

Symbolisme & lecture iconographique

La veduta (vue topographique de ville) est le genre pictural qui dit la fierté civique et l'attrait touristique — représenter sa ville en peinture pour la montrer aux étrangers, immortaliser sa beauté. Les vues de Bellotto sont des cartes postales du XVIIIe siècle.

Analyse des émotions

Les vedute de Bellotto créent une impression de présence dans la ville représentée — la précision des détails architecturaux, la justesse de la lumière, l'animation des figures humaines créent une illusion de réalité que peu de peintures de l'époque atteignent.

Secrets & mystères

Les vues de Varsovie de Bellotto furent utilisées par les architectes polonais pour reconstruire le centre historique de la capitale polonaise après sa destruction quasi totale par les nazis en 1944–1945. Les tableaux d'un peintre vénitien du XVIIIe siècle devinrent ainsi les plans de reconstruction d'une capitale européenne au XXe siècle — une utilisation de la peinture comme document patrimonial sans précédent dans l'histoire.

Le saviez-vous ?

Bellotto mourut à Varsovie en 1780 — il avait passé les treize dernières années de sa vie au service du dernier roi de Pologne, Stanislas II Auguste. Ses vues de Varsovie sont les seuls documents visuels précis de la ville avant sa destruction — et sans elles, la reconstruction du centre historique de Varsovie aurait été impossible. La peinture comme mémoire de l'urbain : une fonction que nul ne lui avait assignée à l'avance.