Là où la Renaissance italienne devient française
Fontainebleau n'est pas seulement un château. C'est une importation culturelle.
Quand François Ier fait venir Rosso Fiorentino, Primatice et les artistes italiens à sa cour, il transforme la France en laboratoire artistique européen.
Entrer dans Fontainebleau, c'est sentir ce moment précis où : - le Moyen Âge s'efface, - la monarchie devient spectaculaire, - l'art devient politique.
La galerie François Ier est un choc visuel absolu. Boiseries, fresques, stucs, symboles royaux : chaque centimètre semble vouloir impressionner le visiteur et glorifier le souverain.
Mais Fontainebleau agit surtout par atmosphère.
Les couloirs semblent encore habités : - par les intrigues de cour, - les fêtes, - les artistes, - les ambassadeurs italiens, - les reines, - les favorites.
Le château tout entier fonctionne comme un théâtre du pouvoir Renaissance. Et c'est précisément ici que naît une grande partie du goût français.
Spécialité Renaissance
École de Fontainebleau (Rosso Fiorentino, Primatice), décors royaux Renaissance
Description
Fontainebleau (UNESCO) est le château où François Ier créa l'École de Fontainebleau en invitant les plus grands artistes italiens (Rosso Fiorentino, Primatice, Niccolò dell'Abate). La Galerie François Ier (1533-1540) est le décor Renaissance français le plus complet : fresques, stucs, boiseries, tapisseries. Les appartements royaux conservent des peintures et des arts décoratifs du XVIe siècle uniques.
À voir
Le laboratoire de la Renaissance française
Fontainebleau est le lieu où la Renaissance italienne devient française. En faisant venir Rosso Fiorentino puis le Primatice et tout un atelier d'artistes venus d'Italie, François Ier transforme son château en foyer artistique européen. Ce qui s'invente ici — le décor mêlant fresque et stuc, le nu élégant, l'ornement en « cuirs » — rayonnera dans toute l'Europe sous le nom d'« école de Fontainebleau ».
La galerie François Ier
Le cœur du château est la galerie François Ier, premier grand décor du genre : fresques allégoriques célébrant le roi, encadrées d'un foisonnement de stucs. C'est l'acte de naissance d'un style. Non loin, la salle de bal, la chambre de la duchesse d'Étampes et les appartements royaux prolongent cette splendeur.
Un palais de rois pendant sept siècles
Fontainebleau n'a jamais cessé d'être habité par les souverains, de François Ier à Napoléon III. Chaque règne y a laissé sa marque, mais c'est la Renaissance qui lui a donné son âme : celle d'un roi qui voulait faire de la France l'égale de l'Italie.
Pourquoi le visiter
Parce qu'ici, la Renaissance n'est pas exposée, elle est habitée : on marche dans les galeries mêmes où elle fut inventée, sous les fresques qui ont défini le goût d'un siècle.
Histoire
Ancien rendez-vous de chasse médiéval, Fontainebleau devient sous François Ier, à partir de 1528, l'un des grands chantiers de la Renaissance : le roi y appelle les artistes italiens et y installe sa cour. Agrandi et embelli par ses successeurs — Henri II, Henri IV, puis les Bourbons —, le château demeure une résidence royale et impériale jusqu'au XIXe siècle. Napoléon Ier en fit l'un de ses palais préférés et y signa son abdication en 1814. Devenu musée national, Fontainebleau conserve, avec ses appartements et sa galerie François Ier, le témoignage le plus complet de l'art de cour de la Renaissance française.
Contes, légendes & anecdotes
Napoléon appelait Fontainebleau « la vraie demeure des rois, la maison des siècles ». C'est dans sa cour du Cheval-Blanc qu'il fit, en 1814, ses adieux à sa garde avant l'exil — l'escalier en fer à cheval en garde le souvenir sous le nom de « cour des Adieux ». Mais l'âme du lieu reste celle de François Ier : la salamandre, son emblème, court encore sur les murs et les cheminées, rappelant le roi qui, en appelant l'Italie à Fontainebleau, y alluma la Renaissance française.
Collections phares
- Galerie François Ier (1533-1540, Rosso Fiorentino)
- Chambre du Roi (décors de Primatice)
- Peintures de l'École de Fontainebleau
- Mobilier royal des XVIe-XVIIe siècles
- Boiseries peintes et stucs Renaissance


