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Hôtel de Ville de Gray — architecture civile à Gray (70), monument historique (Classé MH)

Monument

Hôtel de Ville de Gray

1568-1596·Architecture civile·Gray (70)·Classé MH
Hôtel de Ville de Gray — architecture civile à Gray (70), monument historique (Classé MH) — vue 2

Contes, légendes & anecdotes

Gray est la ville natale du baron Pierre-François-Charles Augereau (1757-1816), maréchal de Napoléon, l'un des plus brillants généraux de la Grande Armée. Fils d'un fruitier et d'une femme de chambre, il s'engagea dans l'armée à 17 ans et gravit tous les échelons jusqu'au bâton de maréchal. Napoléon disait de lui : 'Augereau a toujours du courage — même quand il a peur.' L'hôtel de ville Renaissance de sa ville natale, construit deux siècles avant sa naissance, était dans ses rues d'enfance. Le fils du fruitier de Gray devint maréchal de France en passant chaque jour devant cette façade à colonnes et balustrades.

Histoire

L'hôtel de ville de Gray, construit entre 1568 et 1596, est l'un des monuments civils Renaissance les plus remarquables de Haute-Saône et l'un des chefs-d'œuvre de l'architecture civile hispano-comtoise. Gray, petite ville sur la Saône, était au XVIe siècle sous la domination espagnole (comme toute la Franche-Comté) et son hôtel de ville reflète directement cette culture hispano-flamande : façade articulée par des pilastres superposés (dorique, ionique, corinthien), loggia à arcades en plein cintre au rez-de-chaussée, balcon à balustrade au premier étage, fronton triangulaire couronné de statues allégoriques. La galerie centrale à deux niveaux — avec ses colonnes libres au rez-de-chaussée et son balcon à balustres au premier — est l'un des programmes architecturaux les plus ambitieux de la région pour un édifice de cette taille.

À voir

Récit incarné

Gray, Haute-Saône. La petite ville sur la Saône entre Vesoul et Dijon. Son hôtel de ville Renaissance — l'une des plus belles façades civiles de la région — domine la place Maréchal-Grouchy depuis 1596.

La façade est organisée en trois niveaux. En bas, la loggia — cinq arcades en plein cintre portées par des colonnes doriques libres. Au milieu, le balcon à balustrade avec ses colonnes ioniques. En haut, l'attique corinthien avec son fronton couronné de statues. La progression des ordres, du plus robuste au plus ornemental, dit l'ambition de la ville qui fit construire cet édifice.

Gray sous Philippe II d'Espagne voulait montrer qu'elle était une ville d'Europe — pas une bourgade provinciale insignifiante. Ses notables, ses marchands de la Saône, ses officiers royaux espagnols commandèrent une façade qui rivalisait avec ce qui se construisait à Bruxelles ou à Madrid. Le résultat est là, intact depuis 1596.

Lecture architecturale

L'hôtel de ville de Gray présente trois niveaux superposés suivant la règle vitruvienne. Rez-de-chaussée : loggia à colonnes doriques libres. Premier étage : balcon à balustrade et pilastres ioniques. Deuxième étage : attique corinthien avec fronton. Les colonnes libres de la loggia sont l'élément le plus spectaculaire — cinq colonnes rondes qui portent vraiment les arcades.

Symboles à observer

1. Les colonnes libres de la loggia : cinq colonnes doriques rondes. Comparées avec des pilastres engagés, elles donnent une légèreté et une profondeur remarquables à la galerie.

2. La balustrade à balustres : au premier étage, la rangée de balustres en forme de poire renversée. Ce motif Renaissance est le symbole du XVIe siècle architectural.

3. Le fronton à statues : au sommet, un fronton triangulaire couronné de statues allégoriques. Cherchez leurs attributs — la Justice avec sa balance, la Prudence avec son miroir.

4. La progression dorique-ionique-corinthien : lisez la façade du bas vers le haut. Le dorique (robuste) en bas, le corinthien (ornemental) en haut — la hiérarchie symbolique des ordres antiques.

Anecdote mémorable

En 1814, lors de la campagne de France, les armées alliées (Autrichiens, Prussiens, Russes) traversèrent Gray en poursuivant Napoléon vers Paris. L'hôtel de ville Renaissance fut épargné — les officiers alliés qui logèrent dans la ville reconnurent la qualité de l'architecture et donnèrent des ordres pour que les soldats n'y touchent pas. La beauté de 1596 préservée par l'admiration des officiers de 1814.

Contexte historique dense

Gray sous Philippe II d'Espagne (règne 1556-1598) était une ville de la Franche-Comté espagnole en plein développement. La construction de l'hôtel de ville (1568-1596) coïncide avec le règne de Philippe II — le roi le plus puissant d'Europe, dont l'Escurial (commencé en 1563) était le modèle architectural de référence. Les notables de Gray construisaient leur hôtel de ville dans le même esprit de rigueur classique et d'ambition monumentale.

Échos artistiques

Musique : Fantasiasde Tomás Luis de Victoria (v.1580) — le compositeur espagnol contemporain de la construction. Peinture :Portrait de Philippe II par Titien (Prado, 1551) — le souverain de la Franche-Comté à l'époque de la construction. Architecture : l'hôtel de ville de Dole (39, 50 km) — le chef-lieu rival avec son propre programme Renaissance.

Pour aller plus loin

  • Musée Baron Martin de Gray — dans l'hôtel de ville, collections d'art régional.
  • Vesoul (70, 30 km) — le chef-lieu de la Haute-Saône.
  • Besançon (25, 60 km) — l'ancienne capitale de la Franche-Comté.

Pour aller plus loin

Œuvre Renaissance associée
Branle de Bourgogne
Thoinot Arbeau · c.1529–1589

Hôtel de Ville de Gray (1568-1596), Haute-Saône, Franche-Comté espagnole : Arbeau, natif de Langres (à 40 km), est le musicien de la région. Le branle de Bourgogne, danse des villes rhénanes et comtoises, convient à ce monument civil d'une ville entre Bourgogne et Franche-Comté.

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