À voir
Histoire
La collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie est l'une des plus belles églises gothiques d'Île-de-France, souvent surnommée « la petite Notre-Dame de Paris » pour sa ressemblance frappante avec la cathédrale parisienne (mêmes proportions, même élévation à trois étages, même double déambulatoire). Cette parenté n'est pas fortuite : Notre-Dame de Mantes fut construite dans les mêmes années (1170-1350) que Notre-Dame de Paris, par des maîtres d'œuvre proches voire identiques.
L'édifice fut érigé à l'initiative de la collégiale royale fondée par les Capétiens (Louis VII, Philippe Auguste, Louis IX) — Mantes étant une place forte stratégique sur la Seine contrôlant la route Paris-Normandie. Sa construction couvre 180 années dans un style gothique homogène : nef rayonnante, chœur à double déambulatoire, façade occidentale à trois portails sculptés et galerie des rois.
L'élément Renaissance majeur est la chapelle de Navarre (parfois dite « chapelle d'Aumale »), accolée au flanc sud du chœur. Construite vers 1320 par l'architecte Robert de Coucy pour les comtes de Navarre (branche cadette des Capétiens), elle fut profondément remaniée au XVIe siècle avec un décor Renaissance : médaillons à profil antique, rinceaux d'acanthes, pilastres cannelés, statues dans des niches Renaissance.
D'autres chapelles latérales furent ajoutées ou remaniées entre 1490 et 1560 : chapelle Saint-Pierre, chapelle Sainte-Anne, chapelle des fonts baptismaux — toutes ornées de mobilier Renaissance XVIe.
À voir absolument
- La chapelle de Navarre (vers 1320, remaniée XVIe siècle), avec son décor Renaissance
- La façade occidentale gothique (XIIe-XIIIe siècles), trois portails sculptés, deux tours
- La galerie des rois au-dessus des portails
- La rose occidentale monumentale (XIIIe siècle), magnifique
- L'élévation gothique à trois étages, parente de Notre-Dame de Paris
- Les chapelles latérales Renaissance (XVIe siècle), ornées de retables et statues
- Les vitraux des XIIIe-XVIe siècles, partiellement conservés
- Le buffet d'orgue classique (XVIIe-XVIIIe siècles)
- Les stalles sculptées (XVIe siècle)
- Le trésor (visite payante), avec ornements liturgiques Renaissance
Anecdotes & secrets
Guillaume le Conquérant mourut à Mantes en 1087 dans des circonstances effroyables. Le roi d'Angleterre était venu mettre le siège devant Mantes (alors place forte du roi de France Philippe Ier) en juillet 1087, mais lors de la prise de la ville, son cheval s'effondra dans les décombres d'une maison brûlée et le pommeau de la selle lui enfonça les entrailles. Le Conquérant mourut 6 semaines plus tard à Rouen dans d'horribles souffrances. Avant de mourir, il aurait dicté ses repentirs : « J'ai été cruel envers ce peuple, je leur ai infligé d'innombrables maux... ». Son fils Robert Courteheuse abandonna le corps à demi-nu dans la cathédrale de Rouen — épisode considéré comme l'une des plus émouvantes morts royales du Moyen Âge.
Mantes-la-Jolie doit son surnom « Jolie » au roi Henri IV : passant par la ville en 1593 en route pour son sacre à Chartres (Reims étant alors aux mains de la Ligue), il s'arrêta à Mantes et fut séduit par Gabrielle d'Estrées qui y résidait. Henri se serait écrié : « Mantes la jolie ! » — référence à Gabrielle plutôt qu'à la ville. Le nom resta et devint officiel en 1953 (auparavant la ville s'appelait simplement « Mantes-sur-Seine » ou « Mantes-Gassicourt »).
La collégiale fut gravement endommagée par les bombardements anglo-américains de juin 1944 lors de la bataille de Normandie : la ville était un nœud ferroviaire stratégique sur la ligne Paris-Cherbourg. Une vingtaine de bombes tombèrent sur le centre historique le 6 juin 1944, endommageant la nef et la rose occidentale. Restauration de 1947 à 1972. La rose fut entièrement refaite sur le modèle d'origine.
Conseils de visite
Collégiale ouverte tous les jours de 9h30 à 12h et 14h à 18h, entrée libre. Trésor : visite payante (5€). Combiner avec la promenade sur les bords de Seine (Mantes était l'un des sujets favoris des impressionnistes — Corot, Sisley peignirent ici), la Tour Saint-Maclou voisine (vestige d'une ancienne église), et la visite du château de La Roche-Guyon (à 15 km, payant, magnifique). Mantes-la-Jolie accessible depuis Paris-Saint-Lazare en train (40 min).




