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Cathédrale Saint-Pierre-Saint-Paul de Saint-Claude — édifice religieux à Saint-Claude (Jura (39)) (39), monument historique (Classé MH)

Monument

Cathédrale Saint-Pierre-Saint-Paul de Saint-Claude

1340-1742 (édifice) ; stalles Renaissance 1449-1465·Religieux·Saint-Claude (Jura (39)) (39)·Classé MH
Cathédrale Saint-Pierre-Saint-Paul de Saint-Claude — édifice religieux à Saint-Claude (Jura (39)) (39), monument historique (Classé MH) — vue 2
Cathédrale Saint-Pierre-Saint-Paul de Saint-Claude — édifice religieux à Saint-Claude (Jura (39)) (39), monument historique (Classé MH) — vue 3

À voir

Histoire

La cathédrale Saint-Pierre-Saint-Paul de Saint-Claude, perchée à 434 mètres d'altitude dans les montagnes du Jura, est l'ancien sanctuaire abbatial de la célèbre abbaye de Saint-Claude (fondée vers 425 par saint Romain et saint Lupicin, l'une des plus anciennes abbayes de Gaule). Construite entre 1340 et 1742 sous 9 règnes successifs, elle est célèbre dans le monde entier pour ses stalles Renaissance sculptées entre 1449 et 1465 par Pierre du Wattre — chef-d'œuvre absolu de la sculpture sur bois Renaissance.

L'abbaye de Saint-Claude (anciennement « abbaye de Saint-Oyend-de-Joux ») fut fondée vers 425 par saint Romain (vers 390-460), moine ermite retiré dans la forêt de Joux. Saint Lupicin (frère de Romain), puis saint Eugend (mort vers 510), saint Oyend (mort vers 660), saint Claude (mort vers 696, qui donne son nom moderne à la ville) se succédèrent à la tête de la communauté. Au IXe siècle, l'abbaye comptait 1 500 moines — l'une des plus grandes communautés monastiques de Gaule.

L'élément Renaissance majeur est constitué par les stalles sculptées entre 1449 et 1465 par Pierre du Wattre (sculpteur d'origine flamande actif à Genève et à Saint-Claude). Ces stalles, considérées comme l'un des plus beaux ensembles de stalles flamboyant-Renaissance subsistant en France, déploient un programme iconographique d'une virtuosité technique stupéfiante : scènes de la Vie du Christ, Vie de la Vierge, Vies des saints du Jura (Romain, Lupicin, Oyend, Claude, Eugend), miséricordes à scènes profanes et grotesques.

Saint-Claude est célèbre pour ses « pipes de Saint-Claude » (pipes de bruyère, capitale française depuis le XIXe siècle).

À voir absolument

  • Les stalles Renaissance (1449-1465) de Pierre du Wattre — chef-d'œuvre absolu, 38 stalles à miséricordes sculptées
  • Le retable des Apôtres Renaissance (XVe siècle)
  • L'élévation gothique de la nef (1340-1742)
  • Les chapelles latérales Renaissance (XVe-XVIe siècles), ornées de retables XVIe
  • Les vitraux des XVe-XIXe siècles
  • Le « Trésor de Saint-Claude » (visite payante) : reliquaire du saint, objets liturgiques médiévaux
  • Le buffet d'orgue classique
  • L'emplacement : dans la vallée alpine du Tacon, panorama exceptionnel sur les monts du Jura
  • Le musée de la Pipe et du Diamant voisin (payant), célébrant les deux industries traditionnelles de Saint-Claude

Anecdotes & secrets

Les stalles de Pierre du Wattre (1449-1465) sont l'un des chefs-d'œuvre absolus de la sculpture sur bois flamboyant-Renaissance française. Pierre du Wattre (vers 1410-1480), sculpteur flamand actif à Genève (cathédrale Saint-Pierre) puis à Saint-Claude, fut commandé par l'abbé Pierre de Beausire pour sculpter les 38 stalles du chœur abbatial entre 1449 et 1465. Les miséricordes (petites consoles sous les sièges relevables) déploient une iconographie satirique exceptionnelle : paysans grossiers, moines paresseux, monstres fabuleux, animaux exotiques (éléphants, dragons), scènes comiques (un singe lisant un livre, un loup confessant un agneau, un diable hurlant). Cette liberté artistique dans des emplacements peu visibles (les chanoines seuls voyaient les miséricordes pendant les offices) est typique de la fin du Moyen Âge.

Saint Claude (vers 607-696), abbé du monastère de Saint-Oyend entre 685 et 696, est le « patron des pipiers de Saint-Claude » depuis le XIXe siècle. Selon la tradition, incorrupt (corps non décomposé) pendant plus de 1 000 ans après sa mort, son culte se développa au Moyen Âge. Pèlerinage majeur au XIVe-XVIIIe siècle (jusqu'à 30 000 pèlerins annuels), Saint-Claude rivalisait avec Compostelle et Rome comme destination pèlerine alpine. Le « corps incorruptible » fut brûlé à la Révolution française le 9 juin 1794 (comme la Vierge Noire du Puy, voir fiche #93) sur la place publique de Saint-Claude par les révolutionnaires anti-cléricaux. Seul un morceau de relique subsista (caché par des fidèles), aujourd'hui conservé dans le trésor.

Saint-Claude devint au XIXe siècle la capitale mondiale de la pipe en bruyère. La production de pipes y débuta vers 1854 quand un voyageur corse apporta de la bruyère méditerranéenne (racine d'Erica arborea) à Saint-Claude — la « bruyère » se révéla idéale pour sculpter les fourneaux de pipes (résistante à la chaleur, sans goût parasite). Saint-Claude comptait à son apogée (1920-1930) 45 ateliers de fabrication de pipes employant 2 500 ouvriers — l'une des plus grandes industries pipiers au monde (avec Londres). La production a chuté au XXIe siècle (réglementation anti-tabac), mais 3 fabricants subsistent (Genod, Chacom, et un troisième).

Conseils de visite

Cathédrale ouverte tous les jours de 9h à 18h, entrée libre. Trésor : visite payante (4€). Combiner avec la visite du musée de la Pipe et du Diamant (payant), des sentiers de randonnée alpins voisins, et du plateau de Saint-Claude (parc naturel régional du Haut-Jura). Saint-Claude accessible depuis Lyon en voiture (2h) ou Genève (1h).