✦ Illustre ✦
Pieter Bruegel l'Ancien
peintre
Contributions & œuvres
Après un voyage en Italie et dans les Alpes — dont il rapporte le sens du grand paysage —, Bruegel travaille à Anvers puis à Bruxelles. Il compose des œuvres d'une richesse inépuisable : les « Proverbes flamands », où cent dictons s'incarnent en autant de scènes ; les grands cycles des « Saisons » (les Chasseurs dans la neige, la Moisson) ; les « Noces paysannes » ; la « Tour de Babel ». La France et l'Europe conservent ses tableaux et ceux de ses fils. Sa « Parabole des aveugles » (Naples) montre une file d'infirmes trébuchant vers le fossé — image saisissante de l'aveuglement des hommes. Sous le pittoresque, Bruegel est un moraliste et un poète du monde.
Anecdote mémorable
On l'a surnommé « Bruegel le Paysan » parce qu'il se mêlait, dit son biographe van Mander, aux noces et aux kermesses des villageois, déguisé, pour les observer et les peindre au plus près. Vrai ou faux, le surnom dit l'essentiel : il fut le premier grand peintre à faire du peuple, et non des princes, le héros de son art.
Influences reçues
Jérôme Bosch pour le fantastique et la satire ; la tradition flamande du détail et du paysage ; les Alpes, traversées lors de son voyage vers l'Italie.
Influences exercées
Il fonde une dynastie (ses fils Pieter le Jeune et Jan) et toute une tradition de la scène de genre et du paysage qui mènera à l'âge d'or hollandais.
Importance historique
Pieter Bruegel l'Ancien est le peintre du monde des hommes. Là où l'Italie peignait des dieux et des princes, lui a peint les paysans, les proverbes, les saisons, les foules — la vie ordinaire élevée à la grandeur. Ses moissonneurs, ses noces villageoises, ses chasseurs dans la neige, ses tours de Babel sont devenus des images universelles. Sous l'apparente drôlerie se cache un regard profond, souvent grave, sur la folie et la fragilité humaines. Héritier de Bosch et de Van Eyck, il est le sommet de la peinture flamande du siècle et le fondateur d'une dynastie qui portera son nom pendant cent ans.
