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Illustre

Masséot Abaquesne

faïencier

v.1500 – Rouen, v.1564·Le premier grand faïencier français ; fondateur de la faïence de Rouen.·Rouen·ceramique

Contributions & œuvres

Actif à Rouen dès les années 1530, Abaquesne apprend et acclimate la technique italienne de la faïence émaillée d'étain. Il fournit des pavements somptueux aux demeures des grands : le château d'Écouen, que fait bâtir le connétable Anne de Montmorency, et le château de La Bâtie d'Urfé, reçoivent ses carreaux ornés d'armoiries, de rinceaux et de grotesques colorés. Il produit aussi des vases de pharmacie et des plaques décoratives. La France conserve à Écouen ses carreaux de pavement aux armes de Montmorency — sol de faïence digne d'un palais italien, mais né à Rouen. Avec lui, un art nouveau s'enracine dans le royaume.

Anecdote mémorable

Les carreaux d'Abaquesne étaient si prisés qu'on les commandait pour marcher, littéralement, sur un décor de prince : les sols des châteaux se paraient de faïence comme les murs de tapisseries. Fouler un pavement d'Écouen, c'était piétiner un tableau.

Influences reçues

La majolique italienne (Faenza, Urbino), dont il maîtrise les techniques et le répertoire ornemental ; le goût nouveau des grands mécènes français pour le décor à l'italienne.

Influences exercées

Il fonde la tradition de la faïence de Rouen, qui fleurira aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles ; il acclimate en France un art jusque-là importé.

Importance historique

Masséot Abaquesne est le père de la faïence française. Le premier, à Rouen, il maîtrise l'art italien de la terre émaillée — la majolique — et le met au service des plus grands chantiers de la Renaissance française. Ses pavements de faïence, ses carreaux aux couleurs vives et aux grotesques savants, couvrent les sols des châteaux les plus fastueux du royaume. Avant lui, la France importait ces merveilles d'Italie ; après lui, elle les produit. Il ouvre une tradition — la faïence de Rouen — qui fera la gloire de la ville pour deux siècles.

Œuvres (1)