✦ Illustre ✦
Maarten de Vos
peintre
Contributions & œuvres
Fils de peintre, Maarten de Vos part jeune pour l'Italie : Rome, puis Venise, où il travaille auprès du Tintoret. De retour à Anvers, il s'impose comme le grand fournisseur d'images de la ville. Après la crise iconoclaste de 1566, qui a vidé les églises, c'est à lui que reviennent les commandes de retables destinés à remplacer les œuvres détruites — il en peint des dizaines, à la composition claire et à la couleur chaude. Mais son influence passe surtout par le dessin : il fournit aux graveurs anversois des centaines de modèles, séries bibliques et allégoriques diffusées dans toute l'Europe et jusqu'aux missions du Nouveau Monde. La France conserve à Rouen sa suite d'Éliézer et Rébecca, et une Adoration des mages. Peu d'artistes ont autant contribué à façonner l'imaginaire visuel de leur temps.
Anecdote mémorable
Après la « furie iconoclaste » de 1566, où les protestants avaient brisé les images des églises flamandes, ce sont les toiles de Maarten de Vos qui rhabillèrent les murs nus : il devint, malgré lui, le peintre de la reconquête catholique des Pays-Bas espagnols.
Influences reçues
Son père Pieter de Vos, puis l'Italie — Rome et surtout Venise, où le Tintoret lui donne le goût de la couleur et des grandes machines.
Influences exercées
Ses innombrables modèles gravés diffusent son style dans toute l'Europe et outre-mer ; il prépare, à Anvers, le terrain où éclora Rubens.
Importance historique
À la mort de Bruegel, c'est Maarten de Vos qui devient le maître d'Anvers. Formé en Italie, dans l'atelier vénitien du Tintoret, il rapporte au Nord la couleur et la grande manière italiennes, et les met au service de la Contre-Réforme naissante : ses vastes retables réarment les églises d'images après les fureurs iconoclastes. Peintre d'une fécondité prodigieuse, il nourrit surtout, par ses dessins, l'immense industrie de la gravure anversoise qui inonde alors l'Europe d'images pieuses. Il est la charnière entre le siècle de Bruegel et celui de Rubens.


